01 septembre 2008
Leçon de conduite (6ère partie: l'examen de conduite moto)
Après 3 semaines à repousser cette épreuve pour diverses raisons (moto cassée, autoécole oubliant de m'inscrire, loueur de moto triplant ses tarifs le jour de l'exam...), j'ai enfin pu me présenter à l'examen du permis moto.
Sur le même terrain vague qui avait abrité l'examen de créneau pour le permis camion, 5 cailloux, espacés de 3m et disposés en forme de "L", m'attendent. Je met mon casque (obligatoire pour le permis, même si personne n'en porte en ville) et me place à l'entrée du parcours.
Sur un signe de l'examinatrice, je m'engage lentement. Le slalom se révèle assez simple, étant donné que la seule contrainte est de ne pas poser pied à terre ni de caler.
Puis une longue ligne droite, pour passer les 4 vitesses et rétrograder, mettre le cligno, faire demi-tour et revenir par le même chemin.
Je m'arrête à hauteur de l'examinatrice qui me fait un signe approbateur de la tête. Bon, c'est dans la poche. Permis moto passé... ouf!
Il me reste à présent à patienter quelques jours pour obtenir le permis provisoire et quelques semaines pour le permis définitif.
18 août 2008
Leçon de conduite (5ère partie: l'examen de conduite camion)
La nuit avait été pluvieuse, très pluvieuse. Jusqu'au petit matin, j'avais envisagé de repousser l'examen du permis camion pour éviter le supplice du bourbier. Mais les cieux étant redevenus bleus a temps, je me suis décidé à venir à 8h sur le terrain d'examen.
Autour de moi, beaucoup de gens, des jeunes surtout, tous un peu fébrile. Partout on chuchote, on espère tomber sur un examinateur pas trop méchant. Beaucoup savent qu'ils n'ont pas le niveau, qu'ils n'ont pas pris assez de cours pour réussir, mais ils espèrent quand même un miracle.
A 8h30, c'est à mon tour de passer l'épreuve du créneau. Je dois passer entre 2 piquets, faire demi tour et passer entre 3 séries consécutives de piquets. Ensuite, rebelotte sur le même parcours, en marche arrière. L'examinatrice ne fera pas grand cas de moi. Au 1er coup d'œil, elle est sans doute capable de distinguer un conducteur débutant ou non. C'est à peine si elle vérifiera que je n'ai pas frôlé un piquet. 1minute de conduite, et l'affaire est dans le sac.
Ensuite, il me faut aller en ville, et attendre la 2nde partie de l'épreuve. L'attente durera jusqu'à 12h.
Au moment où je commençais à en avoir franchement assez (hé oui, il me reste encore un peu de sang râleur dans les veines!), ô miracle. C'est mon tour! C'est parti pour un petit tour en ville, en papotant gaiement avec l'examinatrice. Au final, je ferai 5 virages, 2 feux et en 3 minutes, j'aurais mon permis.
Donc récapitulons l'examen poids lourd: 1 minute pour faire un créneau, 3h30 d'attente en plein soleil, et 3 minutes de conduite en ville. Tout ça pour ce petit bout de papier rose???
Et quand je demande à l'examinatrice si elle estime que les gens sont suffisamment préparés lorsqu'ils passent le permis, elle se contente de me sourire tristement. Combien de gens auront leur permis, mais ne toucheront pas un véhicule avant quelques années? Combien croiront savoir bien rouler alors qu'ils sont de vrais dangers publics?
04 août 2008
Leçon de conduite (4ère partie: l'examen de code)
Le grand jour de l'examen est arrivé.
Un peu anxieux, je me présente à la Direction des Transports pour tenter l'épreuve théorique. L'appel commence. Il y a une soixantaine de candidats pour seulement 40 places dans la salle. tant pis, les autres attendront dehors que vienne leur tour.
Je vérifie que j'ai bien payé tout le matériel nécessaire: une quittance (1000fcfa), un timbre fiscal (300fcfa) et un imprimé N&B qui me permettra de cocher les réponses (300fcfa).
Après les formalités d'usage, nous sommes placés dans la salle, coté à coté, sans aucun moyen de prévention contre la copie.
L'examen commence. Les 30 diapositives (contre 40 en France) s'enchainent rapidement, en moyenne 10s par diapo. Et a mon grand étonnement, les sujets abordés traitent de l'ancien code français (modifié en 2001 je crois). A toute allure, il me faut identifier la scène, et cocher les bonnes réponses sur ma feuille d'examen. Nostalgique, je repense au code français que l'on peut désormais passer grâce à une sorte de télécommande.
Au bout de 15 min, nous ressortons de la salle. Comme beaucoup, je ne sais pas trop sur quel pied danser. Réussite ou échec? Il me faudra attendre le soir pour savoir si j'ai fait plus de 5 fautes.
28 juillet 2008
Leçon de conduite (3ème partie: la conduite de camion en ville)
Après la conduite sur piste, voilà la conduite sur route.
Les épreuves du créneau passées, il me reste à me lâcher en ville. Et là, ça se gate. Mis à part que l'engin ne se conduit pas aussi facilement qu'une P50, ma principale terreur réside dans les autres!
Oui, les autres! J'ai l'impression que personne ne sait conduire dans cette ville. Alors peut-être me direz-vous que c'est moi qui ne sait pas conduire... Comparons... Lisez les indices suivants et dites-moi votre impression!
indice n°1: à une intersection, il y a 1 chance sur 2 pour qu'une moto ou un vélo me grille la priorité.
indice n°2: les gens traversent en courant, sans regarder, à 50cm de mon pare-chocs. Et personne ne se soucie du fait qu'un camion ne peut pas piler, même si je roule à 30km/h!
indice n°3: la plupart des 2 roues, pour tourner à gauche, se positionnent sur la partie gauche de la route, c'est à dire là où ceux d'en face (moi) roulent normalement!
indice n°4: si je tourne à droite, j'ai intérêt à regarder 50 fois dans mon rétroviseur par ce qu'il y aura forcément un vélo pour me doubler par la droite. A quoi ça sert un clignotant???
indice n°5: si un mec manque de me rentrer dedans, il se contente d'un beau sourire benêt et repart sans se préoccuper de la vie qu'il a failli perdre.
indice n°6: pour la moitié de la population 2 roues, un feu rouge signifie visiblement "voie libre".
Au bout de 2 séances (soit 50min de conduite au total), le moniteur me dit avec un grand sourire "tu es prêt pour l'examen... la semaine prochaine?". Il plaisante? hélas non... Car la tradition ici, est de prendre une dizaine de cours (soit environ 5h...) et d'être ensuite lâché dans la nature.
Après ça, on s'étonne pourquoi il y a, chaque jour, autant d'accidents mortels sur la route!
21 juillet 2008
Leçon de conduite (2nde partie: la conduite de camion sur piste)
Après les leçons de code, venaient naturellement les leçons de conduite. Entre camion et moto, mon coeur balançait. J'ai finalement opté pour le plus lourd.
Le terrain d'entrainement se trouve en périphérie de Ouaga, sur la circulaire. C'est un immense terrain vague, boueux et peu engageant à première vue. En ce lieu, des dizaines de camions déglingués s'activent, faisant inlassablement des créneaux entre les piquets de ferraille enfoncés dans le sol.
Confiant, je m'installe au volant d'un de ces monstres. Enfin, un monstre... moi je m'imaginais conduire un mastodonte de la route... Et on me refile un camion à peine plus gros qu'un 4*4. Quand on apprend à conduire, mieux vaut commencer petit!
L'aspect intérieur du camion vaut bien l'aspect extérieur: sièges tellement détériorés qu'on voit l'armature métallique, pare-brise étoilé, ... mais je commence à me dire que c'est la tradition ici, alors autant ne pas faire la fine bouche.
La 1ère passe sans trop de soucis, le moniteur me demande d'avancer entre les piquets. Et là, je fais nettement moins le fier. Pas facile de diriger un tel engin. Ok, il roule lentement. Ok, il est petit comparé aux autres. Mais hélas, il ne veut jamais tourner où moi je veux, spécialement en marche arrière. Enfin, après bien des essais, j'arrive à le diriger à peu près convenablement.
Dans quelques séances, je serai enfin prêt pour ma 1ère sortie en circulation...
07 juillet 2008
Leçon de conduite (1ère partie: le code)
Je voulais passer mes permis moto et camions au Burkina. J'avais trouvé une auto-école qui offrait des tarifs vraiment plus compétitifs qu'en France (diviser par 10!)... Je me rendais à ma 1ère leçon de code.
L'autoécole dispose d'une petite salle de cours assez bien aménagée au bord d'une grande avenue de la capitale. Lorsque j'y entre, le moniteur et quelques élèves font face à un écran blanc.
Le cours commence. Le moniteur projette les diapositives du code. A ma grande surprise, il s'agit du code français! Les mêmes panneaux! Les mêmes noms de ville bien de chez nous (Angers, ça existe au Burkina?)! Les mêmes visages bien de chez nous! Bref, le code de la route, c'est le code Rousseau à 100%.
Deuxième surprise: rien n'a été adapté au contexte local. Dans un pays sahélien où la température descend rarement en dessous de 10°C (à ce stade, ils mettent quand même des moufles...), on trouve le moyen de projeter des diapositives qui demandent ce qu'il faut faire en cas de verglas... De même, on parle d'autoroutes, de ponts mobiles... autant de choses qui sont loin d'avoir leur place dans le pays à l'heure actuelle. L'idée peut cependant sembler louable car elle permet aux participants de savoir conduire dans n'importe quel pays.
Mais à ma grande déception, je ne trouve aucune spécificité du pays. Au Burkina, les ronds-points ont priorité à droite. Pourquoi enseigner qu'il faut laisser la priorité à gauche, comme en France? Au Burkina, il existe des panneau "barrière de pluie", délimitant une zone inondable pendant l'hivernage. Pourquoi ne pas en parler?
Je quitte donc le cours avec une impression assez mitigée. La aussi, le résidu de colonialisme est encore trop vivace. La France a exporté jusqu'à son code de la route, et personne n'a songé à le mettre au goût du pays...
Triste...
Seul bon point pour moi, j'aurais un peu plus facilement mon permis (peut-être...)!
04 juillet 2008
1ère pluie
Tous l'attendaient, la désiraient, avec ferveur...
La pluie divine attendait sagement son heure
Source de vie, prospérité et joie
Elle jouait les absentes depuis de très longs mois
Lorsqu'au matin, le ciel s'est couvert de nuages
Hommes, plantes, animaux, ont repris courage
Et sont sortis accueillir dans la rue
la délicieuse ondée tant attendue
Puis un vent violent s'est levé,
des tourbillons de sables il a créé.
Lorsque son souffle s'est enfin apaisé
Les premières gouttes sur le sol se sont écrasés.
De cette ville poussiéreuse que j'avais vu la veille
Il ne reste à présent qu'une flaque sans pareil
Les chemins sont boueux, creusés de tant d'ornières
Qu’on ne peut guère passer sans se salir les orteils
Les gens sont si heureux, même ceux qui sont trempés:
Cette pluie tombée des cieux va bien les soulager.
Le fond de l'air est frais, chaque cours d’eau se rempli
Les récoltes à nouveau vont nourrir le pays.
Il me reste à souhaiter que cette pluie continue
3 ou 4 jours par semaine, mais pas plus
Car de nombreuses régions deviennent inatteignables
Lorsque la pluie au départ si bienfaisante se fait intarissable.
C'était une petite poésie
tout simple, sans prétention
à la gloire de la pluie
grâce à laquelle nous vivons.
Car si l'eau d'Europe est présente à outrance
et que prendre un bain est une simple opération
certains pays ont moins de chance
et tentent de survivre à la sèche saison.
23 juin 2008
Qui veut de la sauterelle grillée?
J'avais entendu dire qu'en Afrique, certains insectes étaient très prisés... je n'imaginais pas qu'au cœur même de Ouaga, on pouvait consommer des sauterelles! Jusqu'au jour où une collègue m'a apporté quelques insectes grillés.
1ère réaction, naturelle, le dégout! Même si ces bébêtes ne bougent plus, elles restent quand même des insectes qui ne me tentent vraiment pas
2ème approche, la curiosité. Leur belle couleur dorée et la forte odeur d'épice qui s'en échappe me font douter... Ais-je raison de jouer les dégoutés?
3ème étape: le goûter... La 1ère sauterelle atteint lentement mes lèvres. Le 1er croc est assez timide... jusqu'à ce que l'arôme de ce plat se libère et envahisse mon palais. Cet insecte, doré et épicé à souhait, se révèle fort goûtu! Un peu huileux, il a un arrière gout de biscuit apéritif pas désagréable!
phase finale, la gourmandise. Là, plus question de faire la fine bouche! Les préjugés sont jetés aux oubliettes et je déguste avec délice ces petits amuses gueules.
Prochaine étape: les éphémères... il parait que c'est délicieux!
16 juin 2008
Opération billettage
Tiens tiens... cette semaine, opération billettage dans quelques administrations de la place...
Qu'est-ce donc?
1) une distribution de billets gratuits pour le prochain cirque?
2) un milliardaire qui sème des billets de 10 000fcfa à tout vents?
3) une banale opération de paie assortie d'un contrôle?
La bonne réponse est, vous l'aurez devinez, la 3ème!
L'objectif est de vérifier que les salaires de l'état sont bien attribués à des personnes méritantes. Comprenez par là des personnes réelles, encore vivantes et étant toujours en poste.
Et là, ca se gate... On parle déjà d'un homme, qui continuait à être payé par virement bancaire, plus de 5 ans après sa mort... Son administration avait "oublié" de signaler son décès aux RH...
Alors pour garantir la bonne utilisation des deniers publics, chacun devra se présenter au contrôle et justifier de son travail effectif avant d'empocher la paie du mois...
Une seule chose à dire: continuez!
02 juin 2008
Trouver le bon chemin
Comment se repérer dans une grande ville inconnue? Comment se faire indiquer avec la plus grande précision possible le lieu de RV? A Ouaga: plusieurs méthodes sont possibles:
Méthode n°1: se reporter au plan d'adressage
La ville a récemment mis en place un plan d'adressage des rues. Celles-ci sont codées de la façon suivante: XX.YY avec XX le numéro de quartier (aussi appelé secteur) et YY le numéro de rue au sein du quartier. Pour rejoindre la rue 10 du secteur 15, ca donne la rue 15.10...
Autre difficulté: une fois la rue trouvée, comment localiser la bonne porte? Pas facile, surtout quand la rue mesure quelques km...
Solution: attribuer à chaque bâtiment un n°... qui correspond, non pas à l'ordre logique croissant (1, 2, 3, etc.), mais à la distance entre la porte et le tout début de la rue!
Par exemple, une maison dont la porte se trouve au tout début de la rue porte le n° 1 alors qu'une habitation dont l'entrée se situe 300m plus loin aura un n° dans cet ordre là...
Inutile de vous dire que la 1ère fois, quand j'ai cherché le n° 1258 d'une rue, j'ai galèré un petit bout de temps...
Heureusement, certaines rues disposent, en plus de leur n°, d'un nom plus facile à mémoriser.
Méthode n°2: la description "à peu près"...
A priori, la 1ère méthode devrait être efficace sur un plan... sauf que personne ne possède ni ne connait ce plan! Alors pour se repérer, il n'y a pas d'autre solution que l'orientation dans le vague...
Utilisée par 99,9% des habitants, elle permet à chacun (y compris les taxis) de se repérer rapidement et approximativement dans la ville.
Si vous souhaitez être déposé quelque part, inutile de vous la jouer grand seigneur en disant "s'il vous plait, auriez-vous l'obligeance de me conduire au n°127 de la rue 13.20". Le pauvre taxi vous regardera sans doute avec des yeux de merlan frit...
Par contre, si vous lui dites "bonjour, pouvez-vous m'emmener à Zogona, à coté de la station Pétrofa? je vous indiquerai le chemin une fois là-bas.", vous avez toutes les chances d'être compris!









