Au Burkina, mon amour...

Petit carnet de route de Delphine et Guillaume, 2 amoureux partis pour 2 ans sur les routes du Burkina-Faso...

04 juillet 2008

1ère pluie

Tous l'attendaient, la désiraient, avec ferveur...
La pluie divine attendait sagement son heure
Source de vie, prospérité et joie
Elle jouait les absentes depuis de très longs mois

Lorsqu'au matin, le ciel s'est couvert de nuages
Hommes, plantes, animaux, ont repris courage
Et sont sortis accueillir dans la rue
la délicieuse ondée tant attendue

Puis un vent violent s'est levé,
des tourbillons de sables il a créé.
Lorsque son souffle s'est enfin apaisé
Les premières gouttes sur le sol se sont écrasés.

De cette ville poussiéreuse que j'avais vu la veille
Il ne reste à présent qu'une flaque sans pareil
Les chemins sont boueux, creusés de tant d'ornières
Qu’on ne peut guère passer sans se salir les orteils


Les gens sont si heureux, même ceux qui sont trempés:
Cette pluie tombée des cieux va bien les soulager.
Le fond de l'air est frais, chaque cours d’eau se rempli
Les récoltes à nouveau vont nourrir le pays.

 

Il me reste à souhaiter que cette pluie continue
3 ou 4 jours par semaine, mais pas plus
Car de nombreuses régions deviennent inatteignables
Lorsque la pluie au départ si bienfaisante se fait intarissable.

C'était une petite poésie
tout simple, sans prétention
à la gloire de la pluie
grâce à laquelle nous vivons.
Car si l'eau d'Europe est présente à outrance
et que prendre un bain est une simple opération
certains pays ont moins de chance
et tentent de survivre à la sèche saison.

Posté par astanda à 07:16 - Scènes de vie africaine - Commentaires [1] - Permalien [#]


30 juin 2008

le yakouba

Le Yakouba… A quoi ça vous fait penser ?boisson
- A une secte japonaise ?
- A une danse contorsionniste indienne ?
- A une boisson alcoolisée africaine ?
- A un plat épicé indonésien ?


J’ai rencontré le Yakouba par hasard, au détour d’un sentier ouagalais. Il faisait nuit noire. La lune et les étoiles avaient décidé ce soir là de se reposer sur un épais duvet de nuages. D’une maison voisine filtrait une joyeuse musique : une amie fêtait son départ prochain et parmi ses convives, il y avait moi.

Ma rencontre avec le Yakouba fut soudaine, comme un éclair de sympathie déchirant la solitude d’une soirée festive. Je venais d’apercevoir, posé sur un plateau argenté, un petit verre rempli d’un breuvage rouge qui attendait patiemment son heure.

Je le regardais, le désirait, sans vraiment savoir ce qu’il cachait. Sa belle robe rouge me faisait penser aux fleurs de bissap ou à celles des bougainvilliers qui illuminent nos chaumières africaines. Son odeur, quoiqu’un peu forte, laissait échapper des notes subtiles, fruitées, ensorcelantes.

Lorsque mes lèvres atteignirent enfin l’objet de mon désir, ce fut comme une révélation. Goutte après goutte, le breuvage coulait dans ma bouche, inondant mon palais de saveurs doucement alcoolisées. La tête me tournait… mais l’alcool n’y était pour rien.

Ma voisine, me voyant me délecter, s’approcha et me susurra : « Bienvenue dans le monde du Yakouba, où les saveurs de Cognac flirtent avec le meilleur Bissap du Burkina ».

Posté par astanda à 14:26 - Coups de gueule, coups de coeur - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 juin 2008

Qui veut de la sauterelle grillée?

J'avais entendu dire qu'en Afrique, certains insectes étaient très prisés... je n'imaginais pas qu'au cœur même de Ouaga, on pouvait consommer des sauterelles! Jusqu'au jour où une collègue m'a apporté quelques insectes grillés.

sauterelle

1ère réaction, naturelle, le dégout! Même si ces bébêtes ne bougent plus, elles restent quand même des insectes qui ne me tentent vraiment pas

2ème approche, la curiosité. Leur belle couleur dorée et la forte odeur d'épice qui s'en échappe me font douter... Ais-je raison de jouer les dégoutés?

3ème étape: le goûter... La 1ère sauterelle atteint lentement mes lèvres. Le 1er croc est assez timide... jusqu'à ce que l'arôme de ce plat se libère et envahisse mon palais. Cet insecte, doré et épicé à souhait, se révèle fort goûtu! Un peu huileux, il a un arrière gout de biscuit apéritif pas désagréable!

phase finale, la gourmandise. Là, plus question de faire la fine bouche! Les préjugés sont jetés aux oubliettes et je déguste avec délice ces petits amuses gueules.

Prochaine étape: les éphémères... il parait que c'est délicieux!

Posté par astanda à 07:20 - Scènes de vie africaine - Commentaires [3] - Permalien [#]

20 juin 2008

On se la refait Mai 68?

Alors que le quarantenaire (ça existe ce mot?) des évènements de Mai 68 vient juste de s'achever en France, voilà que les étudiants burkinabés nous rejouent la scène en version africaine.

La scène se passait mardi 17 juin...

Au départ, cela ne devait être qu'une marche de protestation des étudiants ouagalais contre les conditions déplorables d'études: manque de moyens et de locaux appropriés, manque de personnel enseignant, chèreté de la scolarité, mauvaises conditions d'hébergement et de restauration...

Mais lorsque les étudiants en colère se sont rassemblés autour de la présidence de l'université pour protester, ils se sont heurtés à un mur de forces de l'ordre venus tenter de maintenir le calme. La situation a alors vite dégénéré.

En quelques instants, des étudiants, cailloux en mains, ont érigé des barrages, empêchant les usagers d'emprunter le boulevard qui longe l'université. La réponse des forces de l'ordre (police et CRS) ne se fait pas attendre: gaz lacrymo, matraque, arrestations en nombre, ... tout est bon pour mater la révolte estudiantine.

Quand le calme revient, en fin de soirée, l'avenue Charles de Gaulle ressemble à un vaste champs de bataille: des pavés jonchent le sol, des pneus finissent de bruler, des agents armés arpentent les lieux l'air soucieux...

La bataille est finie. Mais quelle bataille? Celle d'étudiants qui réclament le droit à un enseignement de qualité? On ne saurait trop dire... car la plupart avaient opté pour une marche pacifique. Comment la situation a-t'elle pu dégénérer à ce point? N'y aurait-il point derrière tout ça une manipulation quelconque ou encore des casseurs qui ont profité de la situation?

Posté par astanda à 07:13 - Coups de gueule, coups de coeur - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 juin 2008

Opération billettage

Tiens tiens... cette semaine, opération billettage dans quelques administrations de la place...

Qu'est-ce donc?
1) une distribution de billets gratuits pour le prochain cirque?
2) un milliardaire qui sème des billets de 10 000fcfa à tout vents?
3) une banale opération de paie assortie d'un contrôle?

La bonne réponse est, vous l'aurez devinez, la 3ème!

L'objectif est de vérifier que les salaires de l'état sont bien attribués à des personnes méritantes. Comprenez par là des personnes réelles, encore vivantes et étant toujours en poste.

Et là, ca se gate... On parle déjà d'un homme, qui continuait à être payé par virement bancaire, plus de 5 ans après sa mort... Son administration avait "oublié" de signaler son décès aux RH...

Alors pour garantir la bonne utilisation des deniers publics, chacun devra se présenter au contrôle et justifier de son travail effectif avant d'empocher la paie du mois...

Une seule chose à dire: continuez!

Posté par astanda à 08:18 - Scènes de vie africaine - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 juin 2008

En progrès...

L'autre jour, en allant faire mes courses dans un "super marché" de la capitale, j'ai remarqué que les vigiles avaient abandonné leur matraque et leur couteau pour un simple bout de tuyau...

Maintenant, au lieu d'égorger ou massacrer un voleur de pommes pris la main dans le sac, on se contentera de le latter à coup de flexible de douche... c'est plus marrant!

C'est bien, on progresse...

Posté par astanda à 07:01 - Coups de gueule, coups de coeur - Commentaires [1] - Permalien [#]

02 juin 2008

Trouver le bon chemin

Comment se repérer dans une grande ville inconnue? Comment se faire indiquer avec la plus grande précision possible le lieu de RV? A Ouaga: plusieurs méthodes sont possibles:

Méthode n°1: se reporter au plan d'adressage

La ville a récemment mis en place un plan d'adressage des rues. Celles-ci sont codées de la façon suivante: XX.YY avec XX le numéro de quartier (aussi appelé secteur) et YY le numéro de rue au sein du quartier. Pour rejoindre la rue 10 du secteur 15, ca donne la rue 15.10...

Autre difficulté: une fois la rue trouvée, comment localiser la bonne porte? Pas facile, surtout quand la rue mesure quelques km...

Solution: attribuer à chaque bâtiment un n°... qui correspond, non pas à l'ordre logique croissant (1, 2, 3, etc.), mais à la distance entre la porte et le tout début de la rue!

Par exemple, une maison dont la porte se trouve au tout début de la rue porte le n° 1 alors qu'une habitation dont l'entrée se situe 300m plus loin aura un n° dans cet ordre là...

Inutile de vous dire que la 1ère fois, quand j'ai cherché le n° 1258 d'une rue, j'ai galèré un petit bout de temps...

Heureusement, certaines rues disposent, en plus de leur n°, d'un nom plus facile à mémoriser.

Méthode n°2: la description "à peu près"...

A priori, la 1ère méthode devrait être efficace sur un plan... sauf que personne ne possède ni ne connait ce plan! Alors pour se repérer, il n'y a pas d'autre solution que l'orientation dans le vague...

Utilisée par 99,9% des habitants, elle permet à chacun (y compris les taxis) de se repérer rapidement et approximativement dans la ville.

Si vous souhaitez être déposé quelque part, inutile de vous la jouer grand seigneur en disant "s'il vous plait, auriez-vous l'obligeance de me conduire au n°127 de la rue 13.20". Le pauvre taxi vous regardera sans doute avec des yeux de merlan frit...
Par contre, si vous lui dites "bonjour, pouvez-vous m'emmener à Zogona, à coté de la station Pétrofa? je vous indiquerai le chemin une fois là-bas.", vous avez toutes les chances d'être compris!

Posté par astanda à 07:20 - Scènes de vie africaine - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 mai 2008

Camping à Ziga

- Bonjour monsieur, j’aurais voulu aller à Ziga s’il vous plait.

- C’est simple : sortez de Ouaga et prenez la route de Fada sur une trentaine de km. Vous esquivez les camions chargés à mort, les motos folles qui se plantent la gueule dans les arbres, les vendeurs de mangues qui coupent la route sans prévenir, … et si tout se passe bien, dans un virage, vous tournez à gauche, puis première à droite au Baobab et puis tout droit sur 20km de piste jusqu’au barrage.

- Merci

1h30 plus tard, nous (9 touristes made in France) arrivons, sains et sauf (exploit !), sur les rives du barrage. L’endroit respire la tranquillité. Sur le plan d’eau qui alimente en eau potable la moitié de la capitale, quelques barques éparses glissent silencieusement tandis que les gamins rassemblent les dernières bêtes de leur troupeau avant que la nuit ne tombe.

Notre arrivée ne passe pas inaperçue : de nombreux autochtones s’arrêtent au bord du chemin, éberlués de voir des Nassara loin de leurs pénates. Certains, plus audacieux, font quelques pas et aimeraient bien savoir ce qu’on fait là. Les plus téméraires sont les enfants qui viennent faire un sitting silencieux à 10m de notre campement.

Mais pour le moment, notre priorité est à l’action ! 4 ficelles maintiennent les moustiquaires pendues à un arbre à Karité. Les plus chanceux d’enter nous déroulent leurs nattes au sol. Le bois mort, très sec, permet d’allumer très facilement le feu. Tout ca en 30 min… Y’a de la technique de pro la dedans !

La soirée est douce. Alors que la nature s’endort, la magie du feu de camp est fait son effet : les tensions de la ville disparaissent, chacun laisse parler son cœur et ses souvenirs. On compte les étoiles, on rit, on chante, … une veillée au coin du feu comme on en a tous fait dans notre enfance, si simple… mais que notre mode de vie citadine nous permet si peu de gouter…

Alors que le marchand de sable vient nous inciter à regagner nos dortoirs (confortable tapis de sable pour ma part) , un vent fort vient nous rendre visite, nous obligeant à sabler le foyer pour ne pas mettre le feu à la moitié de la brousse environnante.

Au petit matin, réveillés par le soleil (5h du mat…), nous redécouvrons une nature vierge : voilà l’occasion idéale d’aller rêver au bord du barrage ou encore d’essayer son cerf-volant sous les yeux ébahis des jeunes africains. Certains n’hésiteront pas à se joindre à nous pour quelques passes de volley.

Un gardien du barrage se joint à nous mais pour une toute autre raison. Débarquant au milieu de notre petit dej, il vient nous demander les papiers prouvant que nous avons payés notre taxe de séjour. Surpris par une telle démarche, nous lui promettons de faire régulariser la situation à notre retour. La discussion se poursuit sans qu’il obtienne gain de cause. Lorsque nous repassons au contrôle, on nous apprend qu’il n’y a aucun papier et nous voyons notre gardien rappliquer aussitôt pour demander avec un grand sourire : « y’a pas un cadeau pour moi ? » Quel culot !

Le plus dur, c’est sans doute de revenir à Ouaga, dans sa pollution, ses routes dangereuses, et son bruit incessant.

Posté par astanda à 07:09 - A la découverte d’autres contrées - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 mai 2008

Flash-back dans une plantation

Nous sommes en Aout 2007 et la saison des pluies bas son plein régime.

26_08_Koubry__7_

L'alternance pluie-soleil fait pousser les plantes a toute vitesse. Ici ça ne rigole pas : c'est à qui déploiera les plus grosses feuilles, qui arborera les plus belles fleurs et qui gonflera les plus gros fruits.

Alors, dans la chaleur humide de l'hivernage et au hasard d'une balade en brousse, nous sommes entré dans une plantation.

Quelle ambiance!


Les plantes nouvellement poussées (car coupées à ras chaque année) mesurent environ 2m de haut.
   
L'humidité des pluies reste encore accrochée aux feuilles, aux troncs, aux fruits et de partout sur le sol et ce malgré les rayons chauds du soleil.

26_08_Koubry__32_   26_08_Koubry__27_

Les larges feuilles des bananiers et des papayers s'étalent de partout! Du vert, du vert et encore du vert avec quelques pointes de couleurs qui percent la forêt de feuilles!

26_08_Koubry__34_26_08_Koubry__18_Ici le papayer arbore de belles feuilles jaunes avant qu'elles ne tombent. Tiens, celui-ci est en fleur : de toutes petites fleurs blanches à l'odeur si enivrante. Là, c'est le bananier qui cache jalousement ses petites fleurs jaunes, protégées par d'énormes sépales violettes.

26_08_Koubry__13_26_08_Koubry__14_Etrangement, ces plantes ne sont pas grandes et leurs fleurs toutes minis. Mais leurs fruits....qu'ils sont gros, lourds et CHARNUS! Les papayes gonflent tellement qu'on dirait des melons accrochés par de toutes petites tiges. Les bananes sont tellement nombreuses qu'elles font plier la plante sous leur poids.

26_08_Koubry__40_Tout heureux et excité par tant de découverte, on ne peut s'empêcher de fureter partout. Là on soupèse les fruits, ici on s'émerveille devant la beauté de la Nature, on zig-zag entre les troncs, on respire les senteurs... 26_08_Koubry__41_Un peu comme une chasse au trésor, a chaque détour l'enchantement est au rendez-vous. C'est une expérience unique à vivre!

Après une telle balade, les fruits ont plus de goût et c'est avec envie que nous les croquons!

Posté par astanda à 07:00 - Faune et Flore du coin - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 mai 2008

Le BF râle...

c'est reparti. Pour la 3ème fois en quelques mois, le BF donne de la voix pour protester contre la vie chère. A l'appel des principaux syndicats, de nombreuses administrations et commerces ont fermé leurs portes pour une grève de protestation de 72h à compter du mardi 13 mai avec une marche pacifique le 14.

La cause?

L'augmentation incontrôlée des prix des produits de 1ère nécessité ainsi que de ceux du carburant. Car dans un pays où nombre de personnes peinent à manger à leur faim, quand le prix du sac de riz double en un an, c'est un désastre!

Si les 1ères manifestations s'étaient déroulées dans une ambiance tendue voire violente (saccage de locaux administratifs à Bobo-Dioulasso, destruction de feux à Ouagadougou, etc.), la grève de cette semaine s'est déroulée dans le calme.

Il y a un réel déphasage entre les mesures prises pour limiter les prix et leur mise en application. "Non seulement les prix n'ont pas baissé, mais ils ont continué et continuent à grimper", est une phrase qui revient souvent dans la bouche des manifestants. D'autres pointent un doigt accusateur sur des pratiques comme la fraude, la corruption, la spéculation.

Chacun attend donc du gouvernement une réaction proportionnée à la situation. Mais surtout une réponse rapide... car on peut craindre que dans les prochains mois, les "opérations ville morte" vont se succéder, chacune risquant de faire basculer le BF dans un cercle vicieux d'instabilité et de violence...

Posté par astanda à 08:12 - Scènes de vie africaine - Commentaires [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »