26 mai 2008
Camping à Ziga
- Bonjour monsieur, j’aurais voulu aller à Ziga s’il vous plait.
- C’est simple : sortez de Ouaga et prenez la route de Fada sur une trentaine de km. Vous esquivez les camions chargés à mort, les motos folles qui se plantent la gueule dans les arbres, les vendeurs de mangues qui coupent la route sans prévenir, … et si tout se passe bien, dans un virage, vous tournez à gauche, puis première à droite au Baobab et puis tout droit sur 20km de piste jusqu’au barrage.
- Merci
1h30 plus tard, nous (9 touristes made in France) arrivons, sains et sauf (exploit !), sur les rives du barrage. L’endroit respire la tranquillité. Sur le plan d’eau qui alimente en eau potable la moitié de la capitale, quelques barques éparses glissent silencieusement tandis que les gamins rassemblent les dernières bêtes de leur troupeau avant que la nuit ne tombe.
Notre arrivée ne passe pas inaperçue : de nombreux autochtones s’arrêtent au bord du chemin, éberlués de voir des Nassara loin de leurs pénates. Certains, plus audacieux, font quelques pas et aimeraient bien savoir ce qu’on fait là. Les plus téméraires sont les enfants qui viennent faire un sitting silencieux à 10m de notre campement.
Mais pour le moment, notre priorité est à l’action ! 4 ficelles maintiennent les moustiquaires pendues à un arbre à Karité. Les plus chanceux d’enter nous déroulent leurs nattes au sol. Le bois mort, très sec, permet d’allumer très facilement le feu. Tout ca en 30 min… Y’a de la technique de pro la dedans !
La soirée est douce. Alors que la nature s’endort, la magie du feu de camp est fait son effet : les tensions de la ville disparaissent, chacun laisse parler son cœur et ses souvenirs. On compte les étoiles, on rit, on chante, … une veillée au coin du feu comme on en a tous fait dans notre enfance, si simple… mais que notre mode de vie citadine nous permet si peu de gouter…
Alors que le marchand de sable vient nous inciter à regagner nos dortoirs (confortable tapis de sable pour ma part) , un vent fort vient nous rendre visite, nous obligeant à sabler le foyer pour ne pas mettre le feu à la moitié de la brousse environnante.
Au petit matin, réveillés par le soleil (5h du mat…), nous redécouvrons une nature vierge : voilà l’occasion idéale d’aller rêver au bord du barrage ou encore d’essayer son cerf-volant sous les yeux ébahis des jeunes africains. Certains n’hésiteront pas à se joindre à nous pour quelques passes de volley.
Un gardien du barrage se joint à nous mais pour une toute autre raison. Débarquant au milieu de notre petit dej, il vient nous demander les papiers prouvant que nous avons payés notre taxe de séjour. Surpris par une telle démarche, nous lui promettons de faire régulariser la situation à notre retour. La discussion se poursuit sans qu’il obtienne gain de cause. Lorsque nous repassons au contrôle, on nous apprend qu’il n’y a aucun papier et nous voyons notre gardien rappliquer aussitôt pour demander avec un grand sourire : « y’a pas un cadeau pour moi ? » Quel culot !
Le plus dur, c’est sans doute de revenir à Ouaga, dans sa pollution, ses routes dangereuses, et son bruit incessant.
07 janvier 2008
Périple à Banfora : Visite au cœur du Baobab sacré
Chevauchant vaillamment nos belles mobylettes nous avons fière allure : on est secoué comme des dattiers, on dérape dans les moindres bosses et poches de sable, on prend nos virages très serrés car nos freins sont une option non fournie et à l’occasion on déraille (La routine quoi !).
Bref après quelques montées, descentes, virages parmi les
champs, salutations aux enfants on arrive au
Baobab sacré.
Chez nous, en Europe, on parle de cet arbre comme étant capable de contenir 4 éléphants, mais en réalité très peu de Burkinabè en ont vu de semblables.
Celui-ci est donc très rare.
Après un tour de l’arbre, nous nous engouffrons dans une ouverture et nous nous retrouvons au cœur du baobab. Des guêpes, partout, ont bâtit leurs nids de papiers et cohabitent avec de toutes petites chauves-souris qui n’hésitent pas de tant à autre à se régaler de ces dernières.
L’histoire du Baobab sacré remonte à des temps si lointains que la mémoire de l’homme l’a oubliée. Lors des innombrables batailles que les peuples se sont livrés, les villageois pour éviter de se faire massacrer venaient se cacher au cœur de l’arbre et depuis toujours, les grandes décisions y ont été prise. Mais l’entrée actuelle n’a pas toujours été la même. En effet, à une époque de paix, les jeunes n’ont plus repris la relève des rites et des sacrifices en hommages au Baobab et ce dernier s’est donc peu à peu refermé. Lorsque les plus vieux s’en sont aperçus, de multiples sacrifices et incantations ont été entrepris afin de demander pardon au génie de l’arbre. En réponse, l’arbre à ouvert une nouvelle brèche qui est toujours utilisée.
Prix de la visite : 1000FCFA/prs
31 décembre 2007
Périple à Banfora : la mare aux hippos de Tengrela
A 2 pas des campements de Tengrela, une mare cache bien des
mystères. Alors, lorsque l’aube pointe le bout
de son nez…
Il est 5h45… Vous êtes réveillés ? Alors habillez-vous ! La nuit étire ses derniers lambeaux d’ombre, laissant place à la douce lumière du jour naissant. Rapidement on tire la corde du puits, on se mouille le bout du nez et l’eau fraîche nous réveille presque tout à fait.
Le guide est déjà là et il nous emmène sur le sentier qui traverse tout le village vers la mare. Alors que la nuit était encore bien là et nous confortablement endormi dans les bras de Morphée, les femmes travaillaient déjà. Elles se lèvent vers 4h du matin et s’activent dans le noir et la fraîcheur pour effectuer les travaux les plus pénibles avant que la chaleur n’écrase toute énergie : ramasser et couper le bois (comprenez les troncs d’arbres), piller les céréales, puiser l’eau, etc.
Le long du chemin on découvre le premier coton : la graine du kapokier, qui une fois mûre éclate et libère une bourre très douce qui était autrefois utilisée pour tisser les pagnes.
A cette heure-ci, la nature se révèle très belle : on réveille quelques animaux nichant au sol, au fur et à mesure du lever de la lumière et de la chaleur les senteurs s’élèvent timidement, les cris des enfants commencent à égayer la brousse, etc.
Enfin nous arrivons devant le lac. Nous embarquons sur la barque de Seydou, notre guide. Lentement nous glissons sur les eaux calmes, bercé par le clapotis de l’eau, le frottement des nénuphars sur la coque et les cris des oiseaux qui se réveillent.
Les pêcheurs étirent leurs filets un peu partout sous la surface de l’eau et c’est tout en silence ou en chuchotement que nous les saluons, filant tout droit vers d’étranges remous.
Arrivé à moins de 20m de la zone de turbulence, nous bifurquons pour tourner tout autour et venir s’arrêter dans une zone calme à moins de 10m de l’objet de notre visite.
Deux yeux et deux oreilles, NON huit yeux et huit oreilles ou bien encore plus ? Ils sont là curieux et encore endormis, les Hippopotames nous observent et jouent à cache-cache. Soudain une gueule immense s’ouvre, un grognement rauque et déjà le bâillement terminé, le gros mammifère s’enfonce dans les eaux.
Durant l’heure, nous apercevrons quelques dos bien ronds, quelques grognements, le gros mâle nageant vers son harem et même un petit.
Puis, lorsque le soleil sera déjà bien haut nous rentrerons au campement pour y prendre un solide petit déjeuné, la tête remplis d’images et de sons inédits.
La meilleur période pour l’observation de ces animaux reste la haute saison sèche car le niveau de l’eau étant très bas, les hippos ne peuvent pas bien se cacher et il est facile de les voir à moitié hors de l’eau.
Prix de la balade : 2000FCFA/prs
28 décembre 2007
Périple à Banfora : le campement de Tengrela
Que faire en arrivant à Banfora ? Aller squatter le 1er hotel du coin ? Trop commun… et souvent trop cher !
Une autre solution ? S’éloigner de quelques kilomètres, jusqu’au petit village de Tengrela. Pour y accéder, il suffit de louer une mobylette (2500fcfa / jour), de quitter la ville par la piste de l’ouest et de suivre les panneaux !
Tengrela abrite plusieurs campements bien sympatiques. Nous avons choisis celui de Solo, un burkinabé qui résume à lui tout seul la tradition de convivialité du Burkina.
Le charme de ce campement réside dans les conditions de vie : cases rondes traditionnelles, lits en bambou à moustiquaire, électricité par groupe électrogène, douches et WC à ciel ouvert… mais surtout calme, bonne cuisine africaine et concerts nocturnes. Ah oui, j’oubliais : il y a aussi des lapins, des canards, des chèvres, et des crocos !
Un séjour aux petits oignons avec un patron toujours prêt à se décarcasser pour les visiteurs. Un guide ? Une envie particulière ? Pas de problème : Solo est là !
Tarifs :
Nuité : 3 000 fcfa la case (2 places)
Repas : entre 500 fcfa et 2500 fcfa selon les plats
Contact : 76 22 04 55
17 décembre 2007
Périple dans la région de Banfora
Comment occuper 4 jours de vacances au Burkina ? Et si on allait du coté de Bobo / Banfora, dans le Sud Ouest du pays ? Il parait qu’il y fait plus frais qu’ailleurs.
Il y a tant a voir : la mare aux hippos et le campement de Tengrela, les cascades de Karfiguela, les Dômes de Fabedougou, et tant d’autres aventures.
Mais d’abord, assurez-vous d’avoir un bon guide (On vous conseille Seydou Kone, guide hors pair plein de ressources et de bonne humeur, tel : 78 00 92 98) et un loueur de motos honnête (Abdoulaye Tou, tel : 78 83 10 97, 2 500 fcfa / jour pour une P50).
Vous êtes prêts ? Alors prenons le bus par ce beau matin de décembre et partons à la découverte de cette région mystérieuse. Vous en reviendrez ravis !
10 décembre 2007
Paix et sérénité au bord de la mare d’Oursi
La mare d’Oursi est un oasis de fraîcheur et de verdure dans ce pays sec et aride qu’est le Sahel. Paradis pour les oiseaux migrateurs, bovins, caprins et oiseaux rares cohabitent en toute sérénité.
Nous nous installons à l’ombre d’un grand arbre et très vite un immense troupeau nous passe devant pour aller boire et se baigner.
La mare est immense mais peu profonde. Quand viendra la haute saison sèche, elle rétrécira et il faudra alors,
pour les troupeaux, faire des marches de plus en plus longues pour aller s’abreuver. Dans cette eau, les hommes aussi s’y lavent, nettoient leurs objets et habits et boivent l’eau à quelques mètres à peine des zones souillées par les bêtes qui viennent boire et se tremper.
Les jeunes bergers viennent, curieux, observer nos faits et gestes. Le guide leur explique qu’il est important
pour leur avenir qu’ils aillent à l’école et qu’ils apprennent le français. Pour notre guide, le fait de savoir parler et écrire le français lui a permit d’avoir un métier : être guide et traducteur dans un pays ou le maigre tourisme apporte un peu d’argent aux familles qui, dans cette région, sont très pauvres.
03 décembre 2007
Et le sable se mit à couler…
Oursi… un petit village que la piste traverse pour se rendre
à Gandafabou. Le touriste pressé et non renseigné passera sans s’arrêter. Mais
s’il est un peu curieux il regardera sur la droite derrière les maisons et là
il découvrira : LES DUNES !
Et oui de vrais, de belles, de grandes et chaudes dunes de sable comme à la télé !!!
Les gravir n’est pas facile, le sable glisse sous les pieds et s’immisce dans nos chaussures, rendant la marche plus lourde et instable. De plus, le soleil tape fort, on transpire et on bénit nos chapeaux, lunettes, crème solaire et bouteilles d’eau.
Arrivé en haut de la première dune, notre regard peut embrasser tout le paysage :
- les dunes se suivent et se perdent au loin, elles sont parsemées de petits buissons et plantes herbeuses qui attestent qu’avec un peu de pluie la vie peut pousser de partout.
- derrière nous, une immense mare accueille verdure, oiseaux et troupeaux de caprins et bovins.
- tout juste en contrebas des dunes, les habitations d’Oursi
ont les pieds dans le sable.
On s’amuse quelques instants à faire glisser le sable entre
nos doigts. Il est très fin, très doux mais
n’accroche pas sur les mains. On
observe les insectes qui grouillent sur et sous le sable. Des enfants s’amusent
à enterrer un insecte volant qui se creuse un petit tunnel pour ressortir. Un
genre de scarabée s’évertue à gravir la dune mais glisse régulièrement et redescend
de trois fois la distance parcourue. Une multitude de petites traces parcourent
le sable, qui sont bien vite effacées par le vent qui sculpte à son tour des
sillons ou déplace les dunes.
Allez, on avance tels des Tintin et Hadock perdus dans le désert, on monte, on descend quelques dunes, on pose pour la prospérité et finalement on s’en retourne vers notre oasis qui lui est bien réel : le 4X4 climatisé qui nous offre de l’eau fraîche.
Avant de repartir vers le prochain lieu, on rempli un gros
pot de sable pour les arénophiles… et hop direction
la MARE D’OURSI.
26 novembre 2007
Gandafabou, la belle du désert
Si vous arrivez jusqu'à Oursi sans être grillés par le
soleil ou emportés par une crue, alors pourquoi ne pas
faire un tour à
Gandafabou ? Pour cela, il vous faudra un guide (il y a un relais juste à
l’entrée de Gorom-Gorom) qui vous emmènera au sommet d’une dune bien
particulière puisqu’elle abrite un étrange campement Touareg.
Du sommet de cette dune on voit bien des choses étonnantes :
- des cases rondes faites de branchages qui vous offriront un repos bien mérité
- une rivière asséchée (mais pas tant que ca… grattez un peu le sable pour voir…)
- des enfants qui courent à perdre haleine derrière les ballons gonflables offerts par des touristes
- des dromadaires qui vous invitent à une ballade dans le désert.
- le plus beau coucher de soleil du monde
- des étoiles scintillantes (sauf quand la lune rapplique !)
- et tant d’autres choses qu’il vous faudra découvrir…
Informations sur le campement :
- Responsable : M Rissa Ag Agali
- Contact : 40 66 03 96 et 70 32 66 47
- Tarifs : 1 nuit 4000f/pers, repas 3500f/pers, petit dej 1500f/pers
- Autres activités : dromadaire 6000f la 1/2j
19 novembre 2007
Tourisme équitable à Koirézéna
Lorsqu’on arrive à Koirézéna, à 12km au Nord-Est de
Gorom-Gorom, on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Ce
campement dont on nous a
parlé semble introuvable ! Après bien des palabres et des détours, nous
parvenons finalement à nos fins.
Ici, les villageois se sont regroupés en association afin de donner à leur contrée un bel essor touristique. Ils ont construit un campement dont l’objectif est d’offrir aux touristes un séjour reposant dans un cadre authentique. Chacun a une fonction selon ses compétences.
Pour cela, la règle est simple : les touristes ne sont pas des vaches à lait ! A aucun moment nous ne serons sollicités, ni dans le campement, ni dans le village, pour un quelconque don en argent ou nature. Quel contraste avec les grandes villes !
Partout où nous allons, les villageois nous accueillent avec le sourire. Ils nous invitent à partager leurs activités, comme le pilage du mil ou encore la palabre, confortablement installés à l’ombre d’un grand arbre.
Au cœur du village, une école nous tend les bras. Dans
chaque classe, nous écrivons nos noms au tableau et les écoliers, studieux
s’appliquent à les lire. Certains d’entre nous irons même jusqu’à s’improviser
professeurs (N’est-ce pas, Philippe ?). Avant de partir, nous promettons
au directeur de donner au village, par l’intermédiaire de l’association,
quelques cahiers et stylos.
Lorsque le soir arrive, A la lueur des lampes à pétrole, nous prenons notre douche à l’aide d’un unique seau emplit d’eau du puits. Le repas qui nous est servi est 100% burkinabé (riz sauce arachide).
Sous la lune brillante (tellement que nous n’avons pas pu
observer les étoiles), nous regagnons nos cases
peuls, cahutes de branchages
recouvertes de nattes et nous nous endormons d’un sommeil léger, bercés par le
croassement des habitants de la mare voisine et par un âne pas très cool.
Informations sur le campement :
- Responsable : Maiga Abdulkabri
- Contact : 70 44 58 21
- Prix 1 nuit + 3 repas : 7500f/pers
- Autres activités (sur demande) : Dunes et mare d’Oursi, ballade à dos de dromadaire, visite d’un site d’orpaillage, découverte des activités artisanales du village, …
12 novembre 2007
Bani, 7 mosquées dans la ville
Nous voilà à Bani, la célèbre ville aux 7 mosquées.
Son histoire se confond avec celle d’un homme qui reçut d’Allah l’ordre de construire autant de mosquées qu’il y a de jours dans la semaine. Aujourd’hui, seule la plus grande se visite, les autres ayant cédé aux attaques du temps.
Un guide se propose de nous faire partager un peu de rêve. Il nous raconte alors les cérémonies religieuses, nous décrit avec force le courage des villageois qui viennent périodiquement reconstruire les édifices en ruine et nous invite même à scruter l’horizon depuis le toit de la plus grande mosquée.
pourtant le
prendre, avec 1000 précautions, pour
accéder au toit. De là haut, nous pourrons admirer les 6 autres mosquées, qui
tentent de défier de leur mieux le temps qui passe et rappellent aux hommes que
nulle entreprise humaine n’est éternelle. Des enfants accompagneront notre
retour en jouant à cache-cache entre les piliers, sous le regard un peu irrité
de notre guide.
Ce qui nous plaira surtout, c’est sa conviction que le tourisme ne peut se développer que si la population arrête de solliciter constamment les visiteurs. Il nous conseille de ne jamais faire de dons directs mais de toujours les déposer auprès de l’association ou la coopérative qui gère le village et qui saura les redistribuer au mieux. Nous ne dormirons pas à Bani, malgré les gites proposés par l’association des guides. Notre voyage continue…


















