29 septembre 2008
Petit bilan personnel de 2 ans au paradis
Voilà 2 ans que nous sommes arrivés au Burkina Faso. Ce voyage, notre 1er en Afrique, était promesse de découverte, de mystère, de rencontres inoubliables… Nous n’avons pas été déçus.
Petit bilan personnel de ce que j’ai vécu.
Tout d’abord, je suis parti au BF en tant que Volontaire International en Administration (www.civiweb.com), détaché par la coopération française auprès de la Direction Générale des Impôts burkinabé. Mon épouse m’a accompagnée en tant que femme d’expat.
Pourquoi suis-je parti ? Essentiellement, pour fuir un contexte français qui me plaisait de moins en moins : j’en avais assez de faire tout le temps les mêmes choses de la même façon, de côtoyer toujours la même culture, de relever les mêmes défis. Je voulais voir quelque chose de nouveau et construire mon avenir en toute indépendance !
Au Burkina, j’ai trouvé un monde nouveau, déroutant, attachant, parfois démoralisant,… mais toujours si divers que ma condition ne m’a pas permis d’en saisir tous les aspects. J’ai pu voir, écouter, gouter, toucher, vibrer à un rythme qui n’était pas le mien, apprenant, souvent à mes dépends, la signification du mot patience. J’ai rencontré des gens très différents, qui m’ont fait partager de leur mieux un bout de leur existence quotidienne, sans pour autant totalement oublier l’énorme fossé pécuniaire qui nous sépare.
A certains moments, j’en ai eu marre ! Marre de cette désorganisation permanente, de cette nonchalance presque résignée devant les évènements de la vie (si tu as un accident en grillant un feu, c’est parce que Dieu l’a voulu ainsi…) ! Marre aussi de cette corruption si présente, partout, tout le temps et à laquelle chacun s’accroche « parce qu’on ne peut pas faire autrement ». Marre enfin parfois de ce pays si sec, si aride 9 mois sur 12, où un blanc a tant de peine de rester plus de 10min au soleil sans ressembler à un homard.
A certains moments, j’ai eu peur. Peur de cette violence cachée derrière une apparente docilité. Peur des phénomènes de foule où chaque africain s’enflamme pour une cause qu’il ne comprend pas forcément. Peur aussi des bourbes que je n’ai pas manqué de faire et qui m’ont classé si souvent dans la catégorie « blanc, donc irrécupérable ! ».
Mais malgré tout ça, j’ai pris énormément de plaisir. J’ai découvert un monde accueillant malgré la rudesse du climat, généreux malgré le peu de ressources, muticolore malgré la latérite toujours présente.
Alors à ce monde qui m’a ouvert les bras pendant ces 2 ans, je voudrais dire merci. Merci pour tout ce que j’ai vu, fait, senti, entendu, partagé, gouté, cassé, réparé. Merci pour ces moments de fous rires, de désespoirs et de doute. Merci pour tous ces cocas vidés au fond d’un maquis à comparer la France et le Burkina. Merci pour tous ces enseignements qui ont fait de moi un homme différent de celui que j’étais il y a 2 ans…
J’ai quitté le Burkina avec un souvenir heureux, qui n’est pas près de s’effacer de ma mémoire.
Commentaires
Souvenir de chemins croisés
Hello Guillaume,
Te souviens tu de moi, nos chemin ce sont croisés un soir chez Elodie et Edwige pour leur pot de départ dans leur appart' à Ouagadougou?
Pas vraiment eu le temps depuis mon retour de venir faire un tour sur ton blog...rattrapée par le manque de temps perpétuel si cher au Européen peut être...
En tout cas ton résumé de deux ans passé au Burkina m'a replongé dans mon petit séjour de trois semaines...et là, je me dit une fois de plus que c'est une expérience inoubliable et que je retournerais, c'est sur, en Afrique...le temps et les pensées y sont tellement différentes...même si comme toi parfois j'en ai eu marre, au final, c'est différent qu'on rentre de ce continent...et même au bout de trois semaines, alors au bout de deux ans...
Bon retour à toi, et bonne retrouvailles avec ta petite femme...
cèline
j'ai beaucoup aimé ce dernier article qui m'a rappelé tout ce que j'ai vécu au burkina et les nombreuses questions qu'on se pose pendant et par la suite. J'ai beaucoup aimé suivre ton périple burkinabè. Tu as décrit des situations tellement bien et qu'on ne peu pas imaginer avant de les avoir vécu.
Merci pour nous avoir fait partager tout cela.
Ravie pour vous de ces deux ans si bien commentés : en vérité
Hello Guillaume et Delphine,
Un grand merci pour votre amicale "pensée" trouvée dans la boîte aux lettres- Ce joli porte-clefs Africains me fera souvent pensé à vous.
Je vous souhaite de tout coeur de belles et enrichissantes nouvelles expériences et découvertes.
A trés bientôt de vos bonnes nouvelles : Anglaises ou Marocaines ????
Bises avec toute mon amitié
§lucile
Pardon pour la faute d'orthographe à penser!!!!
blog très intéressant ! Bonne continuation ... en France !
pourquoi partir !?
je suis actuellement à ouagadougou et j'ai trouvé ta très bonne page: merci !
une petite idée personnelle: tu écris que tu es parti fatigué d'avoir à relever toujours les mêmes "défis" en france...
mais le problème à mon avis c'est qu'il n'y a aucun défi à relever chez nous... et personne ne souhaite en voir. Nous nous sommes comportés comme des lavettes en votant pour, et en tolérant, le régime actuel.
ces temps ci, j'ai franchement honte d'être français.
amicalement,
pierre








