25 août 2008
La parenté à plaisanterie
Avez-vous déjà assister en pleine rue à une discussion animée où les protagonistes s'insultent de tous les noms avant de se tomber dans les bras? Au Burkina Faso, c'est monnaie courante et ça porte un nom: la parenté à plaisanterie.
C'est une pratique sociale qui autorise, et parfois même oblige, des membres d'une même famille (tels que des cousins éloignés) ou des membres de certaines ethnies entre elles, à se moquer ou s'insulter, et ce sans conséquence.
Au Burkina, il existe des couples ethniques dont les membres s'investissent énormément dans la parenté à plaisanterie: les Samo contre les Mossé, Les Gourounsi contre les Bissa, les Samo contre les Bissa, les Peul contre les Bobo, etc.
D'une manière générale, les peuls sont les souffres-douleur car considérés comme des esclaves, voleurs, dont on nie parfois la nature humaine (par exemple, on dit: "il y a 4 personnes et deux peuls"...
Cette pratique, encouragée par l'autorité pour son effet de paix sociale, peut cependant être déroutante pour un étranger qui peut croire que l'altercation va dégénérer en bagarre. En fait, c'est tout le contraire qui se produit : grâce à ce jeu de rôle, chacun évacue son agressivité, tout en amusant un public qui sait à quoi s'en tenir.








