31 octobre 2006
Le faux départ du Mogho-Naba
Les traditions ont la vie dure dans un pays qui veut, coûte que coûte, s'ouvrir à la modernité. Pourtant, en voilà une qui perdure.
Il est 7h du matin, devant le palais du Mogho-Naba. L'empereur des Mossi, éthnie majoritaire au Burkina, se prépare, comme chaque vendredi depuis des siècles, à la cérémonie de son faux départ, qui attire moult chefs de villages et notables, tous revêtus de somptueux costumes traditionnels. Son cheval, richement arnaché, l'attend dans la cour du palais.
Spectateurs discrets derrière les arbres, nous assistons à l'arrivée des dignitaires. Tout d'abord, les Nabas de quartiers de moindre importance, qui arrivent en pédalant sur leurs vieux vélos. Puis les Nabas des quartiers riches qui se paient le luxe d'une mobylette et parfois même d'une voiture. Chacun prend place sur un tertre ou par terre selon son rang, après avoir soigneusement oté ses chaussures (tongues...)
Viennent enfin les Nabas ministres qui forment la cour de son excellence. Leur arrivée, en voiture avec chauffeur, déclenche le rassemblement des autres Nabas qui s'agenouillent auprès des véhicules pour les salutations rituelles.
Un coup d'escopette nous tire de notre rêverie. C'est le signal du début de la cérémonie. Le Mogho-Naba, sort de sa case, vétu de rouge et s'assoit sur son trône, entouré de ses compagnes et de quelques gardes. Tour à tour, les Nabas viennent le saluer, face contre terre dans une sorte de supplication, à grand renforts de tambourins.
Pour comprendre cette scène, revenons quelques siècles en arrière: l'histoire raconte que le Mogho-Naba, désireux de retrouver son épouse favorite, se préparait à quitter la ville lorsque ses ministres virent le supplier de rester et de la défendre contre les envahisseurs tout proches. Celui-ci décida alors de prendre le parti de son peuple et rentra dans son palais.
C'est d'ailleurs pourquoi à la fin de cette cérémonie, le Mogho-Naba rentre dans sa case, tandis que son cheval est désharnaché en 4ème vitesse. Puis, il ressort, habillé de blanc alors qu'un dernier coup d'escopette résonne. Nous regagnons, songeurs, notre voiture, en rêvant à ce bonhomme bizarrement vétu, qu'on voyait au loin et qui, pourtant, dirige un si vaste empire.
Le seul point noir, c'est que les gardes n'autorisaient pas les clichés, n'hésitant pas à confisquer tout appareil-photo ou caméra. Dommage... la photo vient donc d'Internet!
Commentaires
Faux temoignage
Bonjour,
Je felicite ici votre ambition et je suis tres enchante q1 etranger prenne l'initiative d'exposer cette grande civilisation, le Royaume Mossi, au monde.
merci pour ca.
Parcontre,une clarification d'evenement serait appropriee: Quand dans votre article, vous dites: "Revenons quelques siecles en arriere"
La raison pour laquelle le Naba s'appretait est que le soit disant favorite epouse (Soeur d'un chef adversaire) aurait comploter avec son frere pour voler les fetiches familliaux du royaume mossi. C'est suite a son evasion, un vendredi matin que le mogho naaba(chef des terres) decida de partir en guerre pour recuperer les fetiches. Et la suite est juste, les authorites coutumieres et resortissant d'autres tributs vinrent l'en dissuader.
Et ceci est reste dans la coutume, et est pratiquer tous les vendredi matin.
je suis
Arriere petit fils du ministre de guerre du Mogho Naaba(Chef des terres), depuis les USA
Mon arriere grangpere le Naaba Kouda (Chef de guerre).
Merci pour l'opportunite.
Vérité historique
Bonsoir Adama
Merci pour cette rectification historique, quelque peu différente de celles que les guides nous ont raconté.
Bonne chance à toi aux USA.
Resctification d'un prince du Yatenga
Encore une rextification : le mogho naaba n'est pas : (chef des terres); mais roi du monde connu par les mossi, c'est à dire jusqu'à Tombouctou entre autres. NB: je suis le decendant directe du fameux voleur de fétiche
Merci altesse
Bonjour Raoul
Merci pour cette petite rectification.
L'histoire mossi est assez difficile à cerner, chaque contrée la véhiculant à l'oral sous différentes versions...
Merci pour le détails
justement j'en parle ( bcp moins bien que vous) sur mon blog...
A bientot au Faso
complement
bonjour' je suis Brahim. la mort du Morho Naba était anoncée par:"le feu s`est éteint"









