Au Burkina, mon amour...

Petit carnet de route de Delphine et Guillaume, 2 amoureux partis pour 2 ans sur les routes du Burkina-Faso...

12 mai 2008

La cueillette du coton

- Dis monsieur, c’est quoi le coton ?   
- Le coton, c’est une jolie plante qui pousse, pas très loin d’ici, dans l’ouest burkinabé.
 
- Dis monsieur, ça pousse directement dans les Tshirts ?
- Le coton, ça pousse dans de grands champs, qui étendent leurs belles fleurs blanches comme un manteau immaculé sur la terre rouge du pays. 

- Dis monsieur, ça ressemble à quoi une fleur de coton ?
- On dirait une petite boule de poils blancs, si douce, si légère, si fragile. Quand tu la cueilles, on dirait qu’elle va s’envoler 

- Dis monsieur, comment on fait pour cueillir la fleur de coton ?
- Prend ton panier, un tablier et viens avec moi. Regarde cette fleur de coton. Pince délicatement la boule blanche entre ton pouce et ton index et tire lentement pour séparer le coton du reste de la tige. Fais attention à prendre le moins de saletés possibles, pour ne pas salir cette belle boule blanche. 

- Dis monsieur, après, on en fait quoi de cette boule de coton ?
- On va la mettre avec les autres, dans un grand tas. Quand il y en aura beaucoup, un camion viendra le chercher pour l’emmener dans un endroit où il sera nettoyé, et transformé en fil avant de devenir un Tshirt comme le tien. 

- Merci monsieur, au revoir.

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09 mai 2008

Le CMS, centre de soins

Et hop, un peu de pub pour un des rares centres de soins vraiment fiable au Burkina... Par excès de fainéantise, j'ai fait un copier-coller de leur plaquette de présentation.

Le CMS, centre médico social est une structure gérée par l'Association Internationale
de Santé (l'AIS).

Elle propose un panel de services médicaux adapté au traitement des pathologies africaines et européennes.


Elle se compose notamment de:
- 2 salles de consultations de médecine générale
- Une salle de soins d’urgence
- 3 lits de surveillance et d’hospitalisation
- Un laboratoire d’analyse médicale (Recherche du paludisme et numération sanguine)
- Une salle de consultation de kinésithérapie
- Une salle de consultation de psychologie
- Une ambulance équipée du matériel de réanimation.


Horaires des consultations:
Du lundi au vendredi de 8h à 12h et de 15h à 18h
Le samedi de 9h à 12h


Adhésion:
Familiale annuelle                            30000CFA
Personnelle annuelle                        15000CFA
Personnelle temporaire (3mois)            5000CFA


Localisation et contact:
ASSOCIATION INTERNATIONALE DE SANTE
CENTRE MEDICO SOCIAL
(Juste à coté du palais présidentiel)
21, rue Nazi boni BP 4660 OUAGADOUGOU 01
BURKINA FASO
Tél/Fax : (226) 50 30 66 07
Email : cms.fr@fasonet.bf
Service médical d’urgence : 70 20 00 00

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05 mai 2008

Festival "Jazz à Ouaga" 2008

Ca y est, la 16ème édition du festival de Jazz à Ouaga s’est achevée samedi. Pendant 10 jours, du 25 avril au 03 mai 2008, le pays a résonné des sonorités jazz pour le plus grand plaisir. 16 concerts ont été prévus à Ouagadougou et dans sept autres villes .

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La thématique de cette année, « Le jazz dans la cité : un facteur de développement local », visait à mettre en avant les actions en faveur d’un développement culturel durable sur l’ensemble du territoire africain. A cette occasion, de nombreux artistes (17 groupes, 150 artistes), issus de plusieurs continents se sont relayés.

Chaque concert, dédié à un artiste confirmé, était l’occasion d’un tremplin pour un nouveau talent. Une dotation encourageait le « meilleur tremplin » à poursuivre ses efforts musicaux. 

Le programme à Ouaga :

25 avril : BA CISSOKO (Guinée)
+ tremplin : Belmond Djiké

26 avril : LES WOODY (Côte D'Ivoire)
+ tremplin : Baowendsom

29 avril : YAPA JAZZ QUARTET (CONGO Brazza) et MIKE DEL FERRO (Pays-Bas)
+ tremplin : Toumboudé

30 avril : Soirée " Spéciale rencontre musicale" : Ray Lema (France - RDC), Jean Goubald (RDC), Bill Aka Kora (Burkina)
+ tremplin : Max Ray Band

1er mai : RAAGA TRIO (Italie -Mali -Burkina) + ROLAND TCHAKOUNTE (Cameroun)
+ tremplin : Jazz Stagiaire

2 mai : ETIENNE M'BAPPE
+ tremplin : Dicko Fils

3 mai : EUGENE KOUNKER + DJIMAWI AFRICA (Algerie)

Résultat du concours tremplin :

Ca je ne sais pas encore… Je le mettrais plus tard

Pour en savoir plus :

Le site officiel : http://jazz.zcp.bf

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02 mai 2008

A fond la forme!

Toutes les bonnes choses ont une fin, même les vacances!
Me revoilà donc dans ma fournaise (40°C à l'ombre tout de même!)

Lecteurs, lectrices, attention, le blog repars de plus belle!
Et il attend vos commentaires!
Alors à vos claviers!

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13 avril 2008

Petites vacances bien méritées

Coucou à toutes celles et ceux qui suivent nos aventures

Je rentre en France jusqu'à fin avril 2008.
Le blog sera donc mis en sommeil durant ce temps là pour me permettre de profiter un peu de ma famille.

A très bientôt

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11 avril 2008

Périple à Banfora : le fromager

Un Fromager? Qu'est-ce que c'est?
Alors là je vous arrête tout de suite! Non je ne vais pas vous parler d'un truc bizarre qui fabrique du fromage. Non!, je vais plutôt vous parler d'un grand, un TRÈS GRAND arbre : le Ceiba pentandra appellé aussi kapokier ou bois coton ou encore fromager.

Petite description : 2___Le_fromager__3_
- il est grand, trèèèèèèèèès grand, il dépasse tous les arbres, jusqu'à 70m de haut (attention au torticolis quand on est dessous!)
- il a de très grandes et grosses branches qui permettent de faire une belle ombre au sol
- ses fleurs sont dures mais très douces (comme la peau des pêches), les sépales rouge vif cachent des belles fleurs blanches à l'odeur douce et suave.

2___Le_fromager  2___Le_fromager__4_2___Le_fromager__6_

- ses feuilles? ben c'était pas la bonne période quand on l'a vu, mais elles sont surement intéressantes!! => suite à la prochaine visite

- son tronc est très particulier car son écorce à la base est plissé comme un petit vieux et il se déforme en grosses boursouflures.

- ses fruits son appelés kapok et son formés d'une grosse gousse qui renferme un duvet très doux qui autrefois servait de fibre pour les vêtements et les cordages (c'était avant l'arrivée du coton!).

Alors maintenant vous allez me demander pourquoi est-ce un fromager? Et bien c'est surement encore une invention de blanc tout ça car les fromages ici c'est pas courant! Alors en fouillant j'ai trouvé une des réponses : c'est parce qu'il est aussi facile à découper que du fromage! Tordu n'est-ce pas! (réf : Wikipédia)

En tout cas cet arbre est protéger car il est le détenteur d'un patrimoine aujourd'hui délaissé : il permettait à toutes les familles de s'habiller et de construire des barques!
Mais aujourd'hui encore il a son utilité car son grand ramage sert de rendez-vous des populations pour les conseils ou comme ici à Tengrela pour abriter le marché.

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07 avril 2008

Réflexion sur la découverte d'une nouvelle contrée

Je venais juste d'arriver dans ce pays nouveau.

Chaque scène de la vie quotidienne, nouvelle à mes yeux, m'apparaissait dans toute son étrangeté. Je dévorais chaque instant, avec la même avidité de l'affamé qui se trouve devant un festin mais qui ne sait pas combien de temps le rêve va durer.

J'avais faim de tout, de rien. Je voulais savoir, connaitre, comparer. Dans ma tête, des milliers d'anecdotes se bousculaient, cherchaient vainement une réponse, un élément d'explication dans mon maigre bagage d'européen.

Autour de moi, les gens agissaient avec une logique qui n'était pas la mienne. Je les voyais faire, vacant inlassablement à leurs taches quotidienne, luttant pour vivre ou survivre, distribuant, prenant, jouant... un jeu dont je ne comprenais pas les règles.

Alors j'ai cherché.

Dans les livres, sources souvent bien limitées d'un savoir millénaire âprement transmis par des générations orales. Dans les médias, rapporteurs souvent manipulés d'une réalité qui ne demande qu'à se faire connaitre et aimer. Dans les paysages, témoins quasi-immuables à l'échelle humaine des grandes aventures de ces contrées.

Mais je n'ai rien trouvé. Ou si peu. Le pays des hommes intègres, tels que les livres le racontent, me refusait toute explication logique, se bornant à me répondre que là n'était pas la clé de mes questions.

Alors je me suis tourné vers les hommes, ceux dont le sang et la sueur ont couler pour bâtir ce pays. Ceux dont la force de vivre leur a permis de surmonter les épreuves climatiques. Ceux dont la gentillesse ont fait se retrouver honteux plus d'un de mes semblables européens devant un cadeau aussi inattendu que désintéressé. Je leur ait posé mes questions.

Et là, j'ai ouvert un peu les yeux.

Toutes ces questions que je me posais - le pourquoi, le comment - perdaient brusquement leur sens. Comment observer, comparer une vie si différente de la mienne que je ne pouvais pas l'appréhender par moi-même? Comment ouvrir des yeux incrédules ou moqueurs devant une scène dont on ne comprend pas la raison première? Comment offrir une aide efficace quand on ne sait pas qu'elle générera plus d'ennuis que de bienfaits?

Alors peu à peu, grâce à ces hommes, ces femmes, ces enfants qui bien souvent ne parlent même pas ma langue, j'ai du construire un nouveau système de pensée, sans doute un peu plus juste et moins comparateur que le précédent, et tenter de m'ouvrir à la logique d'un monde qui en me livrera jamais tous ses secrets.

Moralité: si vous voulez arpenter une nouvelle contrée, oubliez les bibliothèques et foncez chez les gens du terroir: ce sont eux qui détiennent le savoir et surtout, la clé de la vraie découverte de leur monde.

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31 mars 2008

Périple à Banfora : le marché

Banfora est la capitale de la poterie.5___Le_march__de_Banfora
Vous trouverez tous les types de canaris, de pots, de soucoupes, d'assiettes et autres ustensiles de votre choix sur le marché aux potiers.
N'hésitez pas à fureter pour dénicher la perle rare ou le bon pot non ébréché. Mais attention à la casse car ces poteries sont extrêmement fragiles. Et oui, les potiers sont de très bons artisans et pour beaucoup ce sont de vrais artistes, mais comme partout ils n'ont pas l'argent pour construire de bons gros four pour de longue cuisson. Alors malgré tous vos efforts ne soyez pas déçue quand aux moindres chocs vos belles acquisitions s'ébrécheront!!

5___Le_march__de_Banfora__6_5___Le_march__de_Banfora__7_Un peu plus loin vous tomberez sur le marché traditionnel avec ses quartiers : là de légumes, ici de vêtements, là de friture...
Regardez, sentez, écoutez, toute l'Afrique est là qui s'étale sous vos yeux éblouis et ébahis. Le marché reste notre endroit privilégié pour entrer en contact avec la population locale et surtout pour découvrir des savoir faire propre à de petites communautés.

Alors ne soyez pas effrayé par leurs avances et osez regarder et sourire. Puis lorsque vous avez trouver votre bonheur marchandez courageusement jusqu'à ce que vous soyez satisfait. Les burkinabè vous remercieront toujours avec un sourire des plus généreux.

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24 mars 2008

Les délices du vin de palme

Ah les palmiers, s’étendant à perte de vue sur les plages de sable blanc…le_champ_de_rogniers
Ah les palmiers, offrant au voyageur en quête de vision marine un délicieux ombrage…
Ah les palmiers, …
Mais où avez-vous vu la mer au Burkina ? Et pourtant, des palmiers, y’en a !

 

Ceux dont je vous parle (appelé : rognier) ne sont pas les plus efficaces pour nous protéger de l’ardeur du soleil, mais ils ont une autre fonction sympathique : distributeur officiel du Bangui, le vin de palme !


Imaginez une des nombreuses espèces de palmiers qui, du haut de ses 10-15m, vous nargue. Se dressant au milieu de la brousse, tel un vigile sur un nid de pie, il cache en son cœur, le délicieux trésor d’un vin à tomber à la renverse.


Pour mériter ce trésor, il faut être agile et courageux. A l’aube, ou au crépuscule (lorsque les degrés dégringolent), l’escalade commence : une corde enroulée autour du cou, une gourde vide accrochée à l’épaule et la daba (sorte de machette) rivée à la main, le cultivateur burkinabè grimpe, ne vous déplaise.


Arrivé au sommet, il entaille le cœur des feuilles, là où la sève se concentre pour donner le meilleur d’elle-même. Il la canalise dans sa gourde à l’aide d’une sorte de mini entonnoir. Et lorsque le plein est fait (comptez 3 palmiers pour faire 1L de boisson), il redescend et passe le résultat de sa récolte au tamis pour supprimer les impuretés.


Reste alors un délicieux breuvage, frais malgré la canicule ambiante, désaltérant et énergétique et de surcroît, pas très alcoolisé (ça dépend combien de temps vous le laisserez mariner en plein soleil !)


Alors à vos verres… Prêts ? Buvez !

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21 mars 2008

Vendeurs de télécartes

« Unités ? Celtel 5 000f ? Y’a les Telmob… » 


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Où qu’on pose le regard à Ouaga, on retrouve la même scène. De jeunes garçons portant une drôle de pancarte, arpentent inlassablement les routes de leur secteur pour vendre aux passants les recharges téléphoniques pour téléphones portables.

Car ici, peu de gens peuvent se permettre de payer un abonnement mensuel. Alors on s’offre du crédit, au fil de ses besoins et ressources. Les cartes de recharge s’achètent souvent pour des montants réduits (100f, 500f, 1 000f, plus rarement 5 000f ou 10 000f).

Et les opérateurs téléphoniques (Celtel, Telmob et Telecel, pour ne citer que les plus connus) se frottent les mains : pour une misère, ils ont à leur service une armée de vendeurs qui passeraient la nuit dehors dans l’espoir de refiler, ne serait-ce qu’une carte, au passant providentiel (je n’exagère pas, je trouve souvent ces petits vendeurs dehors à minuit !). Grâce à cette force de frappe commerciale, téléphoner devient à la portée du client, n’importe où et n’importe quand.

Mais une question demeure dans mon esprit ? Sur une carte de 100fcfa (0.15€), combien ces précieux et dévoués intermédiaires vont-ils toucher?

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17 mars 2008

Voyage au royaume des Eléphants (2/2)

L’aube n’a pas encore pointé le bout de son nez lorsque nos réveils nous alertent. Nous avons RV avec les animaux de la brousse, au soleil naissant!

Vite habillés, nous rejoignons notre guide et notre 4*4 s’engage dans la fraîcheur matinale des pistes du Ranch.

Très vite, notre guide nous montre ses talents. Son œil averti détecte les moindres indices de présence animale. Antilopes, singes, phacochères, oiseaux, éléphants, … rien ne lui échappe!

Au détour d’un sentier, notre 1ère grande surprise : un troupeau d’éléphants s’achemine lentement vers la mare qui jouxte le campement. Au total, une bonne dizaine de pachydermes dont plusieurs jeunes…

  Nous ralentissons notre allure pour mieux nous délecter du spectacle, mais ce n’est pas au goût de Babar qui commence à agiter furieusement les oreilles et à lever sa trompe en signe d’avertissement. Notre guide nous conseiller de nous tenir prêt à appuyer sur le champignon à son signal. Avec raison car le mastodonte se place dans notre axe et accélère la cadence. Sous sa charge, les arbres ne font pas les fiers, pliés sans difficulté sous l’imposante masse!

Après cette mini-frayeur, nous reprenons notre route en direction du campement. Un bon petit déjeuner nous y attend, sur une terrasse qui surplombe le lac.

Les 1ers animaux commencent à arriver. Les magnifiques oiseaux, habillés en rois et parés de merveilleux diadèmes de plumes sont les 1ers, mais sont bientôt évincés par l’arrivée des éléphants. Lentement, tout un clan arrive, à la queue leu leu, marquant le sol de leur démarche imposante mais silencieuse.   

 

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Un à un, ils entrent dans l'eau, se plaçant un peu comme sur un jeu d'échec. Chacun sa place, au gré des convenances hiérarchiques. Un vieux mâle s'approche faisant reculer les autres: serait-ce le chef? Il restera presque toute la séance debout, en attente, comme aux aguets. Tel un gardien des traditions antiques, il refusera de prendre part aux ébats des plus jeunes.

 

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Au loin, 2 éléphanteaux (un truc de 3 tonnes et des poussières) s'aspergent joyeusement. Imaginez une bataille d'eau entre mastodontes. L'un d'eux décide alors de faire boire la tasse à son compagnon de jeu. S'ensuit alors une mémorable scène d'action, un truc du genre "j'vais te couleeeeeeeeeer" mais avec la trompe servant de tuba au malheureux perdant!

 

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Puis, sur un signe du chef, les babars s'en iront, de cette même démarche imposante qui fait penser quand on croise leur passage "stp, évite de me marcher sur le pied!". La mare semble à présent si étrangement vide...

Alors que la journée s’avance, nous reprenons le 4*4, résignés à rentrer à Ouaga, après un si délicieux séjour au pays des éléphants libres ! 

NDLR : la meilleure période pour voir les éléphants, c’est lorsque les herbes sont rases, soit de janvier à juin. Attention à la chaleur torride d’Avril !

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10 mars 2008

Voyage au royaume des Eléphants (1/2)

Quel nassara n’a jamais rêvé de voir les éléphants de près, de sentir, à quelques mètres de lui la présence de ces pachydermes, de les voir s’ébattre en liberté, sans les contraintes stériles des remparts d’un zoo?


Je voulais que ce rêve devienne réalité, aussi suis-je parti pour le week-end au Ranch de Nazinga. A 200km au sud de la Capitale, dont 60km de pistes dés l’arrivée à Pô, Nazinga propose aux amateurs de nature son espace protégé, domaine de prédilection des éléphants et de tant d’autres espèces.


A l’entrée du parc, un garde nous prodigue quelques consignes de sécurité : rouler lentement, ne pas s’arrêter, arriver au campement avant la nuit… et nous nous engageons en douceur sur la piste sableuse… Il suffit de quelques minutes pour voir apparaître dans le lointain des formes grises et épaisses. Un, Deux, .. non Cinq éléphants offrent déjà à nos yeux un spectacle inoubliable. A notre droite, une antilope se redresse et rejoint en quelques bonds le couvert des arbres.

 

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Puis nous arrivons au campement, en plein milieu du parc. Ici, tout est prévu pour les touristes : cases bien aménagées, repas locaux à dévorer, etc. Il y a même un observatoire qui donne sur la mare voisine. 2 fois par jour, les guides proposent d’offrir aux visiteurs 2h de ballade dans la brousse : à l’aube et au soleil couchant. A ces moments là, la lumière transforme littéralement la savane, donnant à cet univers un coté féerique. C’est aussi l’heure de prédilection de tous les animaux qui se mettent à la recherche d’eau, de nourriture et d’amour…


Après la ballade nocturne, nous nous posons un instant, en contemplant le lac qui scintille désormais sous les derniers rayons du soleil couchant. Le crépuscule, de courte durée, nous plonge dans une profonde rêverie. Nos yeux se ferment et nos rêves se remplissent d’images d’animaux vivant libres et heureux dans cet espace qui est le leur…

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03 mars 2008

Une recette contre la corruption

La corruption...


Autour de nous, nos amis font trop souvent le point sur les tristes expériences qu'ils vivent: à chaque carrefour, dans chaque administration, la corruption est solidement installée et menace aussi bien les citoyens burkinabés que les touristes.


Que faire pour assainir la situation? Un policier qui, l'autre jour, a voulu m'arrêter à un carrefour a fait les frais d'une méthode un peu osée.. mais efficace.


Pour le contexte, je suis en mobylette et je veux aller à gauche à un carrefour. A cause du flux de véhicules en sens inverse, je me place et attend sagement mon heure pour tourner. Un policier me fait signe de me garer. Je n'aime pas trop le sourire qu'il a au coin de la bouche. Malgré le feu devenu rouge, des véhicules continuent de passer derrière moi.

- lui: Vous venez de griller le feu.
- moi: Pardon, mais il ne me semble pas avoir grillé le feu: celui-ci était au vert quand je suis passé.
- lui: Si! vous êtes passés au feu rouge! je vais vous dresser une amende.
- moi: Je ne comprend pas. J'ai franchi le feu au vert, mais le temps de dégager la voie, effectivement, le feu était passé au rouge.
- lui: Bon, on va s'arranger: je ramène l'amende à 10 000fcfa. Ca vous va?
- moi (un peu énervé tant par le prix que par la méthode): je ne vais pas payer une amende pour une faute que je n'ai pas commise.
- lui: Dans ce cas, nous allons emmener votre moto au poste.
- moi (pris d'une subite inspiration et prenant une voix martiale): Officier, puis-je vous demander votre matricule svp?
- lui: Pourquoi?
- moi: Parce que j'estime que vous m'arrêtez injustement. Je vais de ce pas éclaircir la situation avec votre directeur de la police. Donnez-moi votre matricule et nous en rediscuterons là-bas.
- lui (baissant les yeux): Bon ça va, vous pouvez y aller.


J'ai manqué de m'étrangler de rire en voyant le visage du flic se décomposer. Visiblement, il ne s'attendait pas à une telle réaction. J'ai hésité un instant à continuer le jeu et à vraiment aller voir le directeur... mais bon, j'ai échappé à l'amende, c'est déjà ça!


Conclusion: Lorsque la corruption est flagrante, une petite allusion à un recours immédiat à la haute hiérarchie peut être efficace. Cependant, il vaut mieux s'assurer que vous êtes à 100% dans votre bon droit: sinon, vous risquez d'énerver votre interlocuteur et ça risque de mal se finir.

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28 février 2008

Téléphoner : les télécentres

Quelque chose me manquait dans le paysage urbain de la capitale burkinabé: je ne voyais aucune de cesT_l_phonie__31_ hideuses cabines téléphoniques qui squattent sans vergogne nos trottoirs européens. Comment, dés lors, téléphoner, étant donné que les téléphones fixes sont encore marginaux et que les portables ne sont pas accessibles à tous?


Jusqu'à ce qu'un jour, une "boutique" attire mon attention. Comme de très nombreuses autres, elle affiche "TELECENTRE". C'est elle qui en réalité, joue le rôle de cabine téléphonique. Un commerçant adroit met à disposition des clients une ou plusieurs lignes téléphoniques munies d'un compteur. A la fin de chaque communication, il dresse la facture selon le nombre d'unités consommées.


Alors depuis, chaque mois, je me rend dans un de ces télécentres pour donner de mes nouvelles à la famille.

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25 février 2008

Un 4x4 dans la ville

Il devait être 7h du mat. Le vent encore frais filait le long de l'avenue, chassant la pollution des nombreuses mobylettes patientant au feu rouge. parmi elles, tous ces gens allant prendre leur service ou en revenant, il y avait moi... et à coté, un gros 4x4.

C'est bizarre un 4x4 à Ouaga. C'est un peu comme un éléphant au beau milieu d'une fourmilière.Rien ne lui fait peur! Tout lui est permis! Un 4x4 c'est fait pour aller dans la brousse, pour dompter la nature sauvage... alors il ne va pas se laisser embêter par un feu rouge ou par une nuée de mobylettes. Non mais!

Ce 4x4 là appartient à une ONG dont je tairais le nom par respect pour ceux qui la financent (vous!)... Arrivé en trombe au feu (il ne doit pas connaître le frein moteur), il fait ronfler ses chevaux sous le capot, dépensant en une minute probablement autant d'essence que moi en 1 heure...

Ah oui d'ailleurs, à quoi sert un monstre si consommateur d'essence dans une ville si plate? Quand on voit le coût du carburant et les faibles ressources de la population environnante, on se dit qu'il faut au moins disposer d'un tel engin pour prouver qu'on est un blanc tout gentil dont le seul but est de venir en aide aux autochtones. Ouais... mon œil!

A demi asphyxié malgré la bonne brise, je tente d'échapper aux tuyères de l'engin. La passagère, une nassara, entrouvre la vitre, laisse négligemment tomber par terre une pièce de 10fcfa à l'attention du mendiant du coin et sans un autre regard ni sourire, retourne se réfugier dans l'univers tranquille de son monstre mécanique.

Le feu passe au vert. Le 4x4 démarre en trombe, klaxonne furieusement un pauvre cycliste qui n'avait pas eu le temps de dégager la route et disparait dans la jungle ouagalaise. Son conducteur est sans doute fier: il aura bravé les dangers de la route, aura manoeuvré son engin avec maestria..., mais il aura surtout prouvé, une fois de plus, qu''il ne suffit pas de mettre un âne au volant d'un 4x4 pour en faire un carrosse.

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22 février 2008

Quel cirque!

Cirque

Ha, le cirque! Ça me rappelle mon enfance! Un grand chapiteau sur la place du village, des foules de badauds venus admirer les animaux extraordinaires, les jongleurs, les cracheurs de feu... Assis sur un vieux banc, j'ouvrais grand les yeux pour ne pas perdre une miette du spectacle qui s'offrait à moi. Que ne donnerais-je pas pour revivre, de temps en temps, un de ces purs moments de rêve...

Alors, lorsque j'ai appris qu'hier, la maison du peuple accueillait la grande première ouagalaise d'un cirque un peu hors norme, vous comprendrez que je me sois dépêché d'y aller.

La première vue est assez déroutante: un chapiteau constitué d'un filet, des chaises posées ça et là, sans véritable organisation apparente, des artistes disséminés sur les lieux, comme s'ils travaillaient chacun de leur coté...

J'entre, et comme les autres, je déambule, sans but précis. A ma droite, un danseur effectue une danse tribale, en se couvrant d'une peinture blanchâtre. A ma gauche, des hommes/animaux de la brousse se contorsionnent au son d'un jembé. Devant moi, 200 seaux plein d'eau forment un énigmatique triangle. Plus loin encore, une chanteuse africaine charme les badauds de sa voix mélodieuse. Et partout, sur le sol, des lignes blanches qu'il nous est déconseillé de piétiner...

J'apprécie vraiment cette déambulation, si inhabituelle, presque loufoque. On se croirait dans un autre monde, à la frontière de l'incongru et du réel. Dans mon cœur se réveille une sensation de merveilleux, ce plaisir que j'avais, enfant, à voir des choses extraordinaires et que ma vie d'adulte m'a souvent fait oublier.

Une clochette me tire de ma rêverie: le vrai spectacle va commencer. Au cœur du cirque, vont s'enchainer des acrobates, des marionnettistes, des musiciens clowns, pour le plaisir de nos yeux et de nos cœurs d'enfants.

Vous voulez savoir ce que j'y ai vu? Le spectacle continue jusqu'à samedi soir. RV à 20h30, à la Maison du peuple.

Plus d'infos sur http://www.ccfouaga.com/article.php3?id_article=216

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18 février 2008

Leçon de séduction...

Moi qui croyait tout savoir des techniques de drague... j'en ai découvert une nouvelle le week-end dernier. Je ne résiste pas au plaisir de partager ces rares instants de délicatesse et de poésie...

Situons d'abord la scène: samedi soir, dans une boite bien connue de la capitale burkinabé, je cherche désespérément un siège pour siroter ma sucrerie. Il semble n'y avoir qu'une seule place disponible, à coté d'une demoiselle.

Le dialogue s'engage ainsi:
- moi: bonsoir, je peux m'assoir?
- elle: oui bien sur.
- moi: merci.
- elle: tu es français?
- moi: oui mais je vis à Ouaga depuis un certain temps.
- elle: j'ai envie de discuter avec toi. Tu m'emmènes chez toi?
- moi: heu non, je ne suis là que pour danser.
- elle: tu ne veux pas de moi? J'ai des fesses. Tu aimes les fesses?
- moi: oui, mais uniquement celles de ma femme!
- elle: ...

Devant une telle finesse dans la technique de séduction, je reste pantois!

Posté par astanda à 07:35 - Coups de gueule, coups de coeur - Commentaires [0] - Permalien [#]

15 février 2008

Les restos ouagalais : Le Jardin de l'amitié

Quelle est donc cette agitation aux abords du Rond-point des Nations unies? Pourquoi tant de véhicules au même endroit alors que la nuit tombe? Concert de rock? Grande bouffe-party? Show 100% africain? La bonne réponse est..... tout en même temps!

Le Jardin de l'amitié est sans doute le point focal de la musique ecléctique au Burkina. Chaque soir, un nouveau décor musical est planté. Des groupes de toutes origines, toutes tendances, toutes ambitions et gloire confondues se produisent dans cet espace mythique pour le plus grand plaisir de chacun.

Les clients s'arretent pour se écouter, boire un simple verre ou pour se remplir la panse de mets africains. Il suffit d'un peu de curiosité pour dénicher LE groupe de vos rêves.

- Décors: Un grand jardin, des chaises, de la musique qui bouge...
- Prix: bon marché (moins de 3000 FCFA le repas complet) - l'entrée est gratuite
- Service: un peu lent les soirs de grande affluence, mais l'ambiance musicale fait aisément patienter!

Posté par astanda à 08:35 - Bons plans à Ouaga - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 février 2008

Au coeur de la CAN

"Mesdames et messieurs,CAN2008
Dans quelques instants, va débuter la 2nde demi finale de la CAN qui opposera la Cote d'Ivoire et l'Égypte."

Depuis quelques semaines, le Burkina vit au coeur de la CAN (la Coupe Africaine des Nations, pour les mauvais en foot comme moi). Chaque soir, des millions de burkinabés se retrouvent devant leur poste de télé, une Brakina (bierre) à la main, et suivent, comme un seul homme, les aventures footballeuses africaines.

Même si l'équipe nationale a du jeter l'éponge lors des qualifications, les soirs de match, l'ambiance dans les rues rappelle celle de la Coupe du monde de 98: une ovation à chaque action, des hurlements et vociférations contre l'arbitre... et surtout, un pays dont le cœur bat au rythme des matchs.

Ce soir est celui de la Grande finale: Egygte VS Cameroun. Personne ne sait encore qui en sortira vainqueur, mais on est déjà sur que les burkinabés seront au RV devant leur télé, simplement par amour du foot.

Attention au coup d'envoi!

Tous les résultats en cliquant sur ce lien.

Posté par astanda à 10:35 - Scènes de vie africaine - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 février 2008

A la une d'un journal...

En furetant dans de vieux journeaux, je suis tombé par hasard sur cet article assez inhabituel.

Lisez donc ce petit plaidoyer hors norme qui mélange français, anglais, mooré (une des langues du Burkina) dans un texte plein de saveurs. Je trouve que le ton reflète bien, d'une certaine façon, l'ambiance et la culture du pays.

Si certains mots vous echappent, pas de panique: c'est normal! Il faudrait être un natif du coin et polyglotte pour vraiment comprendre tout.

Article

Extrait du journal l'Observateur de février 2007 (effectivement, j'ai un an de retard...)

Posté par astanda à 07:08 - Scènes de vie africaine - Commentaires [0] - Permalien [#]
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