Au Burkina, mon amour...

Petit carnet de route de Delphine et Guillaume, 2 amoureux partis pour 2 ans sur les routes du Burkina-Faso...

29 septembre 2008

Petit bilan personnel de 2 ans au paradis

Voilà 2 ans que nous sommes arrivés au Burkina Faso. Ce voyage, notre 1er en Afrique, était promesse de découverte, de mystère, de rencontres inoubliables… Nous n’avons pas été déçus.

Petit bilan personnel de ce que j’ai vécu.

Tout d’abord, je suis parti au BF en tant que Volontaire International en Administration (www.civiweb.com), détaché par la coopération française auprès de la Direction Générale des Impôts burkinabé. Mon épouse m’a accompagnée en tant que femme d’expat.

Pourquoi suis-je parti ? Essentiellement, pour fuir un contexte français qui me plaisait de moins en moins : j’en avais assez de faire tout le temps les mêmes choses de la même façon, de côtoyer toujours la même culture, de relever les mêmes défis. Je voulais voir quelque chose de nouveau et construire mon avenir en toute indépendance !

Au Burkina, j’ai trouvé un monde nouveau, déroutant, attachant, parfois démoralisant,… mais toujours si divers que ma condition ne m’a pas permis d’en saisir tous les aspects. J’ai pu voir, écouter, gouter, toucher, vibrer à un rythme qui n’était pas le mien, apprenant, souvent à mes dépends, la signification du mot patience. J’ai rencontré des gens très différents, qui m’ont fait partager de leur mieux un bout de leur existence quotidienne, sans pour autant totalement oublier l’énorme fossé pécuniaire qui nous sépare.

A certains moments, j’en ai eu marre ! Marre de cette désorganisation permanente, de cette nonchalance presque résignée devant les évènements de la vie (si tu as un accident en grillant un feu, c’est parce que Dieu l’a voulu ainsi…) ! Marre aussi de cette corruption si présente, partout, tout le temps et à laquelle chacun s’accroche « parce qu’on ne peut pas faire autrement ». Marre enfin parfois de ce pays si sec, si aride 9 mois sur 12, où un blanc a tant de peine de rester plus de 10min au soleil sans ressembler à un homard.

A certains moments, j’ai eu peur. Peur de cette violence cachée derrière une apparente docilité. Peur des phénomènes de foule où chaque africain s’enflamme pour une cause qu’il ne comprend pas forcément. Peur aussi des bourbes que je n’ai pas manqué de faire et qui m’ont classé si souvent dans la catégorie « blanc, donc irrécupérable ! ».

Mais malgré tout ça, j’ai pris énormément de plaisir. J’ai découvert un monde accueillant malgré la rudesse du climat, généreux malgré le peu de ressources, muticolore malgré la latérite toujours présente.

Alors à ce monde qui m’a ouvert les bras pendant ces 2 ans, je voudrais dire merci. Merci pour tout ce que j’ai vu, fait, senti, entendu, partagé, gouté, cassé, réparé. Merci pour ces moments de fous rires, de désespoirs et de doute. Merci pour tous ces cocas vidés au fond d’un maquis à comparer la France et le Burkina. Merci pour tous ces enseignements qui ont fait de moi un homme différent de celui que j’étais il y a 2 ans…

J’ai quitté le Burkina avec un souvenir heureux, qui n’est pas près de s’effacer de ma mémoire.

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22 septembre 2008

Le blog va bientôt s'endormir

Voilà... c'est la fin du périple...

Il y a quelques jours, j'ai pris l'avion qui me ramenait en France, après un séjour de 2 ans au Burkina Faso.

2 ans, c'est si court pour découvrir un pays et il y reste tant d'aspects que j'aurais aimé approfondir.

A présent, ma route et celle de mon épouse se rejoignent vers un autre pays. Nous tournons la page Burkina.

Ce blog sera donc encore mis à jour de temps en temps, au fil de nos envies et souvenirs, puis sombrera doucement dans un sommeil jusqu'à ce qu'un prochain voyage au BF le ressuscite.

Merci à toutes et tous pour votre suivi, votre patience, vos conseils... et rendez-vous quelque part dans le vaste monde!

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15 septembre 2008

Comment obtenir des fcfa

Lorsqu'on arrive dans un pays étranger, une des premières choses à faire consiste à se procurer de la monnaie locale.

Au Burkina, comme dans bon nombre d'états d'Afrique de l'Ouest, la monnaie nationale est le francs cfa. L'euro n'est pas accepté, hormis dans quelques grands hôtels internationaux.

Pour obtenir des francs cfa, plusieurs méthodes possibles, toutes testées par mes soins:

L'ouverture d'un compte bancaire local

C'est la méthode la plus sure et transparente. Vous ouvrez un compte dans une des nombreuses banques de la ville et vous l'alimentez via des chèques en euros ou des virements.

Le plus souvent, la conversation euro -> fcfa est gratuite (alors que le contraire n'est pas vrai!).

Cette méthode est pratique mais demande un certain temps en formalités.

Le retrait par CB

De nombreuses banques possèdent des distributeurs par CB. Dans 99% des cas, il faut une carte Visa (la Mastercard n'est acceptée que dans un seul établisement je crois).

Attention aux frais de conversion et de retrait... pour un retrait de 150€, vous pouvez avoir jusqu'à 10€ de frais!

L'échange d'euros dans la rue

si vous avez des pièces d'euros, vous trouverez bien un gamin qui vous l'échangera contre quelques fcfa.

Attention au taux de change qui variera, selon votre aptitude à négocier, entre 600 et 650 fcfa pour un euro (taux normal: 655.957).

Le libanais

les commerçants libanais tiennent une bonne partie du commerce au Burkina. Cependant, compte tenu du taux de conversion fcfa -> euro, ils sont toujours prêts à passer par des solutions détournées pour rapatrier des devises en euros.

Il suffit d'aller voir votre commerçant habituel avec un chèque en euros pour obtenir presque aussitôt la contrepartie en fcfa au taux légal.

Seul doute: est-ce une opération de blanchiment d'argent?

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08 septembre 2008

Passer son permis au Burkina

Quelques infos pour les expat' qui veulent passer leur permis au Burkina:

Le Burkina appliquent presque les mêmes règles routières qu'en France. D'ailleurs le code Rousseau sert de référence. La tache est donc assez simple pour ceux qui ont déjà passer le permis B français.

Attention toutefois à certains changement qui peuvent être déroutants voire dangereux (par exemple, la priorité à droite sur la majorité des ronds-points).

Autre aspect positif, les tarifs. Un permis B français reviendra à 1000€ pièce alors qu'un package de permis A, B et C au Burkina s'obtiendra contre environ 150 000fcfa (230€).

Enfin, le permis burkinabé semble beaucoup plus facile que son équivalent français. Moniteurs peu formés, examinateurs assez laxistes, épreuves simplifiées, ... tout cela contribue à rendre le permis facilement accessible, au détriment souvent d'un apprentissage correct de la conduite!

Certains diront alors que cela revient à acheter le permis au Burkina.... Je suis malheureusement assez de leur avis!

Equivalence entre les permis burkinabé et français

Lors du retour en France, il est possible d'échanger son permis burkinabé contre un permis français. Pour cela, il suffit de se rendre à la préfecture avec le permis et de prouver qu'on a résidé plus de 6 mois au BF avant l'obtention du permis.

Les permis moto (A), voiture (B) et camion  (C) sont échangeables. Le permis transport en commun (D) ne l'est pas.

Attention! Prêts? Roulez!

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01 septembre 2008

Leçon de conduite (6ère partie: l'examen de conduite moto)

Après 3 semaines à repousser cette épreuve pour diverses raisons (moto cassée, autoécole oubliant de m'inscrire, loueur de moto triplant ses tarifs le jour de l'exam...), j'ai enfin pu me présenter à l'examen du permis moto.

Sur le même terrain vague qui avait abrité l'examen de créneau pour le permis camion, 5 cailloux, espacés de 3m et disposés en forme de "L", m'attendent. Je met mon casque (obligatoire pour le permis, même si personne n'en porte en ville) et me place à l'entrée du parcours.

Sur un signe de l'examinatrice, je m'engage lentement. Le slalom se révèle assez simple, étant donné que la seule contrainte est de ne pas poser pied à terre ni de caler.

Puis une longue ligne droite, pour passer les 4 vitesses et rétrograder, mettre le cligno, faire demi-tour et revenir par le même chemin.

Je m'arrête à hauteur de l'examinatrice qui me fait un signe approbateur de la tête. Bon, c'est dans la poche. Permis moto passé... ouf!

Il me reste à présent à patienter quelques jours pour obtenir le permis provisoire et quelques semaines pour le permis définitif.

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25 août 2008

La parenté à plaisanterie

Avez-vous déjà assister en pleine rue à une discussion animée où les protagonistes s'insultent de tous les noms avant de se tomber dans les bras? Au Burkina Faso, c'est monnaie courante et ça porte un nom: la parenté à plaisanterie.

C'est une pratique sociale qui autorise, et parfois même oblige, des membres d'une même famille (tels que des cousins éloignés) ou des membres de certaines ethnies entre elles, à se moquer ou s'insulter, et ce sans conséquence.

Au Burkina, il existe des couples ethniques dont les membres s'investissent énormément dans la parenté à plaisanterie: les Samo contre les Mossé, Les Gourounsi contre les Bissa, les Samo contre les Bissa, les Peul contre les Bobo, etc.

D'une manière générale, les peuls sont les souffres-douleur car considérés comme des esclaves, voleurs, dont on nie parfois la nature humaine (par exemple, on dit: "il y a 4 personnes et deux peuls"...

Cette pratique, encouragée par l'autorité pour son effet de paix sociale, peut cependant être déroutante pour un étranger qui peut croire que l'altercation va dégénérer en bagarre. En fait, c'est tout le contraire qui se produit : grâce à ce jeu de rôle, chacun évacue son agressivité, tout en amusant un public qui sait à quoi s'en tenir.

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22 août 2008

Un bus nommé frayeur

J'avais déjà fait quelques voyages en bus au BF, mais sans doute jamais aussi effrayant que celui que j'ai vécu ce week-end, sur le trajet Bobo - Ouagadougou. La compagnie TCV que mes amis et moi avions choisi était pourtant réputée pour sa qualité et le sérieux de ses chauffeurs...

Lorsque le bus quitte Bobo, en début d'après midi, le ton est déjà donné: klaxon à répétition, vitesse un peu élevée... mais jusque là, rien de bien dérangeant... et nous parvenons à trouver le sommeil.

Quelques heures plus tard, alors que nous ne sommes plus qu'à une centaine de km de la capitale, nous sommes réveillés par les soubresauts du car. Le chauffeur nous fait traverser une zone remplie de nids de poule profonds sans même ralentir.

Lancé à plus de 100km/h sur une route à une seule voie (hé oui, y'a des gens qui viennent d'en face!), il me fait penser à un taureau furieux qui veut tout dévaster sur son passage. Les vélos et voitures sur notre chemin sont même contraints, menacés par le klaxon incessant, de virer dans le bas-coté. J'en vient à penser que nous n'avons plus de freins, mais les coups réguliers d'accélérateur me font vite comprendre que cette conduite folle est bien du fait du chauffeur.

Là ou ça se gate franchement, c'est quand notre bus en croise un autre. Au lieu de ralentir le temps du croisement, il maintient son allure folle et oblige un vélo pour handicapé à finir dans le fossé. 1 minute plus tard, il dépasse un camion transportant de lourdes poutres qui frôlent notre carrosserie...

Je me retourne et je vois tout le reste du bus, composé en grande majorité d'africains, qui scrutent la route avec des yeux inquiets... Visiblement, je ne suis pas le seul à avoir la trouille.

L'enfer va continuer ainsi jusqu'à Ouagadougou. Je crois que je n'aurais jamais été aussi heureux de poser le pied sur la terre ferme. En l'espace de 2h, nous avons failli finir une dizaine de fois dans le décors et d'y envoyer au moins le double d'automobilistes.

Alors que penser de ça? Que c'est la loi du plus fort? Que le plus lourd des véhicules a le droit de virer les autres de son chemin?  En tout cas, notre chauffeur ferait bien de repasser son permis et d'être plus prudent la prochaine fois! Car maintenant, je réfléchirai à 2 fois avant de remonter dans un bus de cette compagnie.

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18 août 2008

Leçon de conduite (5ère partie: l'examen de conduite camion)

La nuit avait été pluvieuse, très pluvieuse. Jusqu'au petit matin, j'avais envisagé de repousser l'examen du permis camion pour éviter le supplice du bourbier. Mais les cieux étant redevenus bleus a temps, je me suis décidé à venir à 8h sur le terrain d'examen.

Autour de moi, beaucoup de gens, des jeunes surtout, tous un peu fébrile. Partout on chuchote, on espère tomber sur un examinateur pas trop méchant. Beaucoup savent qu'ils n'ont pas le niveau, qu'ils n'ont pas pris assez de cours pour réussir, mais ils espèrent quand même un miracle.

A 8h30, c'est à mon tour de passer l'épreuve du créneau. Je dois passer entre 2 piquets, faire demi tour et passer entre 3 séries consécutives de piquets. Ensuite, rebelotte sur le même parcours, en marche arrière. L'examinatrice ne fera pas grand cas de moi. Au 1er coup d'œil, elle est sans doute capable de distinguer un conducteur débutant ou non. C'est à peine si elle vérifiera que je n'ai pas frôlé un piquet. 1minute de conduite, et l'affaire est dans le sac.

Ensuite, il me faut aller en ville, et attendre la 2nde partie de l'épreuve. L'attente durera jusqu'à 12h.

Au moment où je commençais à en avoir franchement assez (hé oui, il me reste encore un peu de sang râleur dans les veines!), ô miracle. C'est mon tour! C'est parti pour un petit tour en ville, en papotant gaiement avec l'examinatrice. Au final, je ferai 5 virages, 2 feux et en 3 minutes, j'aurais mon permis.

Donc récapitulons l'examen poids lourd: 1 minute pour faire un créneau, 3h30 d'attente en plein soleil, et 3 minutes de conduite en ville. Tout ça pour ce petit bout de papier rose???

Et quand je demande à l'examinatrice si elle estime que les gens sont suffisamment préparés lorsqu'ils passent le permis, elle se contente de me sourire tristement. Combien de gens auront leur permis, mais ne toucheront pas un véhicule avant quelques années? Combien croiront savoir bien rouler alors qu'ils sont de vrais dangers publics?

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15 août 2008

Quand les mendiants deviennent exigeants

En début de semaine, j'ai assisté à une scène qui m'a franchement dégouté. Récit:

Il est 11h du mat. Je suis en train d'attendre, dans une rue bondée de Ouaga. Une petite fille africaine (8 ans?) joue au cerceau sans jamais me quitter des yeux. Elle porte des vêtements en lambeaux, comme tant de gens défavorisés.

Lorsque nous commençons à discuter, je comprend qu'elle vient d'un pays anglophone et qu'elle ne maitrise pas très bien le français. J'arrive néanmoins à lui demander si elle a faim. Devant sa réaction, je demande à une vendeuse de lui servir un bon plat de riz.

La petite fille fait alors la moue et me dit qu'elle préfère que je lui donne l'argent et qu'elle pourra très bien s'acheter de la nourriture toute seule. Pas question qu'elle aille gaspiller son l'argent si elle a vraiment faim. Je refuse. Elle prend alors le plat et s'éloigne vers sa maman.

Elle revient 5 minutes plus tard en me demandant de lui acheter un dessert, un fruit qu'on appelle liane. Lorsque je lui demande si elle a mangé son riz, elle me répond qu'elle attendra midi car elle n'a pas faim. Là, je commence à être franchement irrité par sa façon de faire et encore une fois, je refuse.

5 minutes après, la jeune fille revient à la charge (avec sa mère, cette fois) en me faisant comprendre que maman n'aime pas le riz et qu'il faut que je lui achète des brochettes.

Que voulez que je fasse? Je l'envoie ch...!

Bilan : j'ai voulu nourrir une gosse et voilà qu'on me prend pour une poire! Le prochain mendiant qui me demande à manger risque de recevoir une réponse peu avenante...

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13 août 2008

20 000 lecteurs...

Coucou tout le monde,

La barre des 20 000 lecteurs vient d'être dépassée! Ça fait plaisir de voir que notre petit blog fait rire ceux qui ont l'âme voyageuse ou curieuse.

J'espère qu'on ne va pas s'arrêter en si bon chemin et que la barre des 30 000 visiteurs sera vite atteinte.

Bonne lecture et à bientôt.

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11 août 2008

téléphoner: les portables

La folie des portables a-t’elle atteint l’Afrique ? La réponse est oui ! 

3 principaux opérateurs se partagent le marché juteux de la communication mobile : Celtel, Télécel et Telmob, avec des offres assez similaires.

Compte tenu des faibles ressources de la majorité des habitants, l’abonnement est relativement peu employé par les particuliers. Ceux-ci préfèrent avoir recours à des tickets-recharges à gratter (de 100fcfa à 10 000fcfa) que l’on peut trouver à n’importe quelle heure auprès du vendeur du coin de la rue.

La mode est également aux sms dont l’écriture spécifique a franchi les mers et les déserts pour venir jusqu’au BF (si je vous dis « slt. kStu fè 2bo smat1? », il faut en réalité comprendre « Salut. Que fais-tu de beau ce matin ? »).

Les plus aisés peuvent s’offrir le wap et toutes les facilités liées à l’internet même si la 3G n’est pas encore d’actualité. Coté couverture, presque de 90% de la population peut bénéficier d’un ou plusieurs réseaux, surtout aux environs des grandes villes. Les petits villages enclavés verront sans doute passer beaucoup d’hivernages avant de pouvoir utiliser un cellulaire…

Alors… allo ? t’es où ?

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08 août 2008

1ères démarches au Consultat de France

Quand on est nouvel arrivant dans un pays, la 1ère chose à faire est d’aller signaler sa présence au consulat de notre pays d’origine.

A quoi ca sert ?

- être évacué en cas de problème : en cas de troubles majeurs, le consulat a pour mission de localiser et de rapatrier ses ressortissants. Il a donc besoin de savoir que vous êtes là !
- obtenir la carte consulaire : elle joue un rôle de carte d’identité au Burkina, vous évitant ainsi de trimballer votre passeport.
- voter : les procurations ou le vote se font au consulat. Mais il faut s’inscrire avant !
- faciliter les démarches administratives : en remettant des copies de vos papiers d’identité dés votre arrivée, vous vous facilitez la vie en cas de perte ou de vol.
- rencontrer des expatriés: les agents du consulat seront peut-être les 1ers français que vous rencontrer au Burkina. Ils pourront vous donner quelques bons conseils pour faciliter votre intégration.

Que faut-il faire ?

Vous vous présentez avec vos papiers d’identité (passeport, permis, livret famille, … bref, la totale) et quelques photos d’identité. Le consulat vous fait remplir une fiche. Quelques jours plus tard, vous revenez chercher votre carte consulaire.

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04 août 2008

Leçon de conduite (4ère partie: l'examen de code)

Le grand jour de l'examen est arrivé.

Un peu anxieux, je me présente à la Direction des Transports pour tenter l'épreuve théorique. L'appel commence. Il y a une soixantaine de candidats pour seulement 40 places dans la salle. tant pis, les autres attendront dehors que vienne leur tour.

Je vérifie que j'ai bien payé tout le matériel nécessaire: une quittance (1000fcfa), un timbre fiscal (300fcfa) et un imprimé N&B qui me permettra de cocher les réponses (300fcfa).

Après les formalités d'usage, nous sommes placés dans la salle, coté à coté, sans aucun moyen de prévention contre la copie.

L'examen commence. Les 30 diapositives (contre 40 en France) s'enchainent rapidement, en moyenne 10s par diapo. Et a mon grand étonnement, les sujets abordés traitent de l'ancien code français (modifié en 2001 je crois). A toute allure, il me faut identifier la scène, et cocher les bonnes réponses sur ma feuille d'examen. Nostalgique, je repense au code français que l'on peut désormais passer grâce à une sorte de télécommande.

Au bout de 15 min, nous ressortons de la salle. Comme beaucoup, je ne sais pas trop sur quel pied danser. Réussite ou échec? Il me faudra attendre le soir pour savoir si j'ai fait plus de 5 fautes.

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01 août 2008

Les déplaisirs de la tourista

La tourista est sans l'ennemi number one du vacancier en quête de détente (mis à part peut-être le tsunami quand vous avez décidé de vous dorer la pilule sur une île paradisiaque...).

Elle se manifeste principalement par des troubles gastriques très désagréables qui vous incitent à squatter les toilettes une bonne partie du séjour (pas terrible pour admirer le paysage!)

Comment l'attraper?

Bonne question! Le plus souvent, en mangeant un aliment avarié ou dont votre estomac n'a pas l'habitude. Il est donc recommandé de varié progressivement votre alimentation au lieu de passer en 24h du bon vieux pot-au-feu de grand-mère à la tambouille de poisson cru décorée de mouches et achetée en pleine chaleur à un vendeur ambulant au coin de la rue.

Evitez aussi de consommer de l'eau dont la potabilité est douteuse. Pour ma part, je me suis décidé à boire de l'eau du robinet au bout d'une année de vie continue au BF. Avant, je filtrais l'eau ou j'achetais des bouteilles d'eau minérale.

Est-ce une maladie dangereuse?

Oui et non. Elle est dangereuse pour la réussite de votre séjour, certes, mais la tourista en elle même n'est pas mortelle.

Seul hic, elle peut entrainer une rapide déshydratation qui se révèle parfois fatale aux populations fragiles (bébés et personnes âgées) qui ne peuvent se procurer assez d'eau en compensation.

Comment en guérir?

Là, non plus, pas de recette compliquée: quelques bons plats de riz, du coca (redoutable pour nettoyer les intestins!), de l'eau à profusion pour éviter la déshydratation... et un bon bouquin pour passer le temps aux toilettes.

Une dernière anecdote?

Le mois dernier, j'ai eu "la chance" d'enchainer 2 touristas: la 1ère en mangeant de la viande un peu avariée dans un maquis de rue... la 2nde en déjeunant chez l'ambassadeur....

Alors vous voyez? Y'a pas de règle... et quand on l'a, on attend sagement que ça passe!

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28 juillet 2008

Leçon de conduite (3ème partie: la conduite de camion en ville)

Après la conduite sur piste, voilà la conduite sur route.

Les épreuves du créneau passées, il me reste à me lâcher en ville. Et là, ça se gate. Mis à part que l'engin ne se conduit pas aussi facilement qu'une P50, ma principale terreur réside dans les autres!

Oui, les autres! J'ai l'impression que personne ne sait conduire dans cette ville. Alors peut-être me direz-vous que c'est moi qui ne sait pas conduire... Comparons... Lisez les indices suivants et dites-moi votre impression!

indice n°1: à une intersection, il y a 1 chance sur 2 pour qu'une moto ou un vélo me grille la priorité.
indice n°2: les gens traversent en courant, sans regarder, à 50cm de mon pare-chocs. Et personne ne se soucie du fait qu'un camion ne peut pas piler, même si je roule à 30km/h!
indice n°3: la plupart des 2 roues, pour tourner à gauche, se positionnent sur la partie gauche de la route, c'est à dire là où ceux d'en face (moi) roulent normalement!
indice n°4: si je tourne à droite, j'ai intérêt à regarder 50 fois dans mon rétroviseur par ce qu'il y aura forcément un vélo pour me doubler par la droite. A quoi ça sert un clignotant???
indice n°5: si un mec manque de me rentrer dedans, il se contente d'un beau sourire benêt et repart sans se préoccuper de la vie qu'il a failli perdre.
indice n°6: pour la moitié de la population 2 roues, un feu rouge signifie visiblement "voie libre".

Au bout de 2 séances (soit 50min de conduite au total), le moniteur me dit avec un grand sourire "tu es prêt pour l'examen... la semaine prochaine?". Il plaisante? hélas non... Car la tradition ici, est de prendre une dizaine de cours (soit environ 5h...) et d'être ensuite lâché dans la nature.

Après ça, on s'étonne pourquoi il y a, chaque jour, autant d'accidents mortels sur la route!

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25 juillet 2008

Ma maison fuit!

La mauvaise saison (enfin, ça dépend de quel point de vue on se place) est bien installée au BF. Chaque jour ou presque, le ciel nous gratifie d'un déluge qui pourrait presque faire passer l'épisode biblique du compère Noé pour une simple giboulée de mars...

En quelques secondes, les rues se vident (de gens) et se remplissent (de flotte). Comme la plupart des rues sont en latérite, ce sont souvent des torrents de boue qui déferlent, emportant tout sur leur passage.

Presque rien ne résiste à la violence de la pluie! Ma maison ne fait pas exception! J'ai découvert ce soir une méga flaque au milieu de ma chambre. Visiblement, la tôle qui me protège n'a pas résisté aux intempéries! Et les infiltrations vont se multiplier!

J'en viens presque à espérer que la saison des pluies s'achève rapidement...

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21 juillet 2008

Leçon de conduite (2nde partie: la conduite de camion sur piste)

Après les leçons de code, venaient naturellement les leçons de conduite. Entre camion et moto, mon coeur balançait. J'ai finalement opté pour le plus lourd.

Le terrain d'entrainement se trouve en périphérie de Ouaga, sur la circulaire. C'est un immense terrain vague, boueux et peu engageant à première vue. En ce lieu, des dizaines de camions déglingués s'activent, faisant inlassablement des créneaux entre les piquets de ferraille enfoncés dans le sol.

Confiant, je m'installe au volant d'un de ces monstres. Enfin, un monstre... moi je m'imaginais conduire un mastodonte de la route... Et on me refile un camion à peine plus gros qu'un 4*4. Quand on apprend à conduire, mieux vaut commencer petit!

L'aspect intérieur du camion vaut bien l'aspect extérieur: sièges tellement détériorés qu'on voit l'armature métallique, pare-brise étoilé, ... mais je commence à me dire que c'est la tradition ici, alors autant ne pas faire la fine bouche.

La 1ère passe sans trop de soucis, le moniteur me demande d'avancer entre les piquets. Et là, je fais nettement moins le fier. Pas facile de diriger un tel engin. Ok, il roule lentement. Ok, il est petit comparé aux autres. Mais hélas, il ne veut jamais tourner où moi je veux, spécialement en marche arrière. Enfin, après bien des essais, j'arrive à le diriger à peu près convenablement.

Dans quelques séances, je serai enfin prêt pour ma 1ère sortie en circulation...

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18 juillet 2008

Un 14 juillet loin de France

En plein milieu de l'été, la France toute entière se met à vivre pour sa fête nationale. Mais si toutes les villes de métropole s'échinent à préparer les plus belles festivités, les français à l'étranger ont eux aussi droit, le temps d'un soir, à un petit coin de France.

Au BF, c'est chez monsieur l'ambassadeur que ca se passe. Pour l'occasion, tous les coopérants sont conviés à venir se retrouver dans la grande Résidence de France de Ouagadougou.

Le RV est pris à 18h...

J'arrive donc en costard (tenue très correcte exigée, car après tout, il faut montrer une image respectable de la France, a dit l'ambassadeur!). La police ouagalaise régule la circulation et l'accès au lieu.  Je passe le contrôle de police sans encombre, ce qui n'est pas le cas pour l'amie burkinabé qui m'accompagne. Après maintes discussions, j'arrive à faire comprendre aux policiers que cette demoiselle est mon invitée et qu'ils seraient aimables de la laisser passer sinon, je vais rater le discours d'ouverture.

A la porte, alignés en rangs d'oignons (français, svp!), se trouvent l'ambassadeur, son épouse et une armée de hauts fonctionnaires qui accueillent les visiteurs avec force sourires et poignées de main.

Il y a déjà beaucoup de monde: des français, certes, mais aussi le gratin de l'administration africaine. Quelques ministres (plus sinistres que ministres, mais bon...) ont même fait l'honneur de venir partager quelques petits fours avec nous!

Discours d'introduction basique. En substance, cela donne: l'Afrique va mal, mais le Burkina va bien grâce à l'aide ô combien précieuse de la France… Il est vrai que chacun prêche pour sa paroisse! En arrière plan, une vidéo nous montre le traditionnel défilé parisien.

Puis vient le temps des réjouissances: défilé de mode d'un jeune créateur ouagalais (plutôt doué! j'aimerais bien l'avoir comme couturier perso!), majorettes, buffet, sono avec DJ diffusant des airs internationaux presque récents (ô joie! je commençais à me fatiguer du couper-décaler).

Les discussions vont bon train, mais je ne peux pourtant pas m'empêcher de me sentir mal à l'aise. Devant cet étalage de nourriture, beaucoup d'africains perdent toute retenue: ils se jettent dessus, piquant 5 brochettes à la fois, n'hésitant pas à houspiller les serveurs débordés... Certains français ne se comportent pas mieux, hélas!

Je quitte donc assez tôt cette manifestation grotesque. Oui, c'est vrai, c'est la fête de mon pays. Oui, c'est vrai, je devrais me sentir l'âme patriote. Mais hélas, j'ai plutôt l'impression d'assister à un rassemblement de pique-assiettes. J'irai donc fêter la prise de la Bastille au maquis du coin, en compagnie de burkinabés qui me demanderont avec un grand sourire: "Dis? Tu m'invites à ta fête nationale?"

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14 juillet 2008

Chaine de sécurité

Il est bien connu que lorsque qu’un pays éprouve des troubles sociaux, les étrangers sont les 1ers à en faire les frais. Il suffit de regarder les scandales qui défrayent les chroniques françaises : passage à tabac d’un maghrébin, lynchage d’un juif, etc. Ces évènements, bien que scandaleux, reflètent bien l’état d’esprit de l’Homme : quand il se sent menacé, il se retourne en priorité contre celui qui n’a pas sa place, contre l’étranger.

Au Burkina, suite aux quelques troubles qui ont émaillés le pays ces derniers temps, la coopération française a décidé de mettre en place une chaine téléphonique de sécurité à destination de ses ressortissants. La capitale est donc virtuellement découpée en zones, chacune sous la responsabilité d’un chef d’ilot. Idem pour les autres villes.

En cas de menace, réelle ou supposée (grève, échauffourée, etc.), chaque chef d’ilot transmet immédiatement des consignes de prudence à l’ensemble des résidents dont il a la charge.

Pour bénéficier de ce service, il suffit à tout nouvel arrivant de signaler son lieu de résidence à l’ambassade et de récupérer les coordonnées de son chef d’ilot.

Grâce à de telles mesures, même en cas de coup dur (genre affrontement police-gendarmerie de décembre 2006), chacun peut se mettre à l'abri!

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07 juillet 2008

Leçon de conduite (1ère partie: le code)

Je voulais passer mes permis moto et camions au Burkina. J'avais trouvé une auto-école qui offrait des tarifs vraiment plus compétitifs qu'en France (diviser par 10!)... Je me rendais à ma 1ère leçon de code.

L'autoécole dispose d'une petite salle de cours assez bien aménagée au bord d'une grande avenue de la capitale. Lorsque j'y entre, le moniteur et quelques élèves font face à un écran blanc.

Le cours commence. Le moniteur projette les diapositives du code. A ma grande surprise, il s'agit du code français! Les mêmes panneaux! Les mêmes noms de ville bien de chez nous (Angers, ça existe au Burkina?)! Les mêmes visages bien de chez nous! Bref, le code de la route, c'est le code Rousseau à 100%.

Deuxième surprise: rien n'a été adapté au contexte local. Dans un pays sahélien où la température descend rarement en dessous de 10°C (à ce stade, ils mettent quand même des moufles...), on trouve le moyen de projeter des diapositives qui demandent ce qu'il faut faire en cas de verglas... De même, on parle d'autoroutes, de ponts mobiles... autant de choses qui sont loin d'avoir leur place dans le pays à l'heure actuelle. L'idée peut cependant sembler louable car elle permet aux participants de savoir conduire dans n'importe quel pays.

Mais à ma grande déception, je ne trouve aucune spécificité du pays. Au Burkina, les ronds-points ont priorité à droite. Pourquoi enseigner qu'il faut laisser la priorité à gauche, comme en France? Au Burkina, il existe des panneau "barrière de pluie", délimitant une zone inondable pendant l'hivernage. Pourquoi ne pas en parler?

Je quitte donc le cours avec une impression assez mitigée. La aussi, le résidu de colonialisme est encore trop vivace. La France a exporté jusqu'à son code de la route, et personne n'a songé à le mettre au goût du pays...

Triste...

Seul bon point pour moi, j'aurais un peu plus facilement mon permis (peut-être...)!

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